1881-1951
France
Réalisateur

Lettré, et descendant d’une famille aristocratique d’origine florentine établie en Avignon, Jacques de Baroncelli monte à Paris en 1908 pour y débuter en tant que journaliste. Après avoir collaboré à plusieurs publications, il devient en 1913 rédacteur en chef à l’hebdomadaire L’Eclair. Il débute dans le cinéma en 1915 en adaptant pour l’écran un feuilleton patriotique, La Maison de l’Espion. Les années qui suivent, il enchaîne les films à la tête de sa propre maison de production, les Films Lumina. La Nouvelle Antigone (1916) avec Emmy Lynn et Le Roi de la Mer (1917) avec Gabriel Signoret attirent en particulier l’attention.
Les années 20
Tenté par l’Avant-garde, il écrit le scénario de La Cigarette de Germaine Dulac. Mais opte finalement pour un cinéma plus naturaliste avec Le Retour aux Champs (1918) et une adaptation du roman de Pierre Loti Ramuntcho (1919). Entré comme réalisateur au Film d’Art de Louis Nalpas, il en devient directeur artistique en 1920 après un séjour d’étude aux États-Unis. Il réalise deux films avec la comédienne américaine Fanny Ward, La Rafale et Le Secret du Lone Star (tous deux 1920). L’année suivante il adapte avec succès Le Rêve de Zola et Le Père Goriot de Balzac, ainsi que Champi-Tortu, roman de Gaston Chérau sur l’enfance malheureuse.

Après une brève expérience avec la Belga-Film au cours de laquelle il tourne Le Carillon de Minuit (1922), il crée la Société belge des Films Baroncelli. Grâce à celle-ci il va réaliser douze films entre 1923 et 1930, en s’alliant en fin de période avec les Cinéromans de Jean Sapène. Beaucoup de ces films sont des adaptations littéraires, en particulier Nêne (1923) d’après Ernest Pérochon, et surtout Pêcheur d’Islande (1924) à nouveau d’après Loti. Cette histoire d’amour dramatique bénéficie de l’interprétation de Sandra Milovanoff et Charles Vanel. Nitchevo (1925), à nouveau avec Charles Vanel, remporte également un grand succès. En 1928, Le Duel met en scène le combat aérien de ceux hommes pour une femme, et Le Passager montre la rédemption d’un médecin assassin.
Le Parlant
En 1929, Jacques de Baroncelli expérimente avec La Femme et le Pantin, d’après Pierre Louÿs, un nouveau procédé de film en couleurs qui est un échec. Passant sans problème au parlant, il réalise alors L’Arlésienne (1930) dans sa région natale, et un remake du Rêve (1931) qu’il avait déjà adapté en 1921. Pendant les années 30, outre l’exotisme camarguais retrouvé avec Roi de Camargue (1935), il cultive le naturalisme et le film de divertissement avec Michel Strogoff (1936). Dans les années 40 il retrouve les adaptations littéraires avec notamment La Duchesse de Langeais (1942) et Les Mystères de Paris (1943).