Abel (Alfred)

1879-1937

Allemagne

Acteur

Le rôle le plus célèbre d’Alfred Abel reste celui du maître de Metropolis en 1927, mais il traverse avec élégance quelques-uns des chefs-d’œuvre du cinéma allemand des années 20, travaillant notamment pour Murnau, Lang et Lubitsch.

En 1913, Asta Nielsen le remarque et l’aide à percer dans le monde du cinéma, où il débute avec Sodoms Ende d’Alexander Moissi. L’année suivante, il obtient le rôle de l’étudiant Anselmus Aselmeyer dans Eine venezianische Nacht [La Nuit Vénitienne] mis en scène par Reinhardt. Richard Oswald lui donne aussi le rôle principal de deux films, Die Geschichte der stillen Mühle {Le Moulin Silencieux] (1914) et Das Laster [Le Vice], un drame de l’alcoolisme.

Grâce à son jeu discret et sensible, Alfred Abel devient rapidement un acteur recherché. Il joue pendant la Guerre aux côtés de Fern Andra (Wenn Menschen reif zur Liebe werden, 1916) ou Henny Porten (Die Dame, der Teufel und die Probiermamsell, 1918). La paix revenue, sa carrière se poursuit avec Rausch [Ivresse] de Lubitsch, où il a pour partenaire Asta Nielsen, Grausige Nächte (1921) réalisé par Lupu-Pick, et Sappho (1921) de Buchowetzki avec Pola Negri.

La consécration dans les années 20

Au début des années 20, Abel envisage une carrière de réalisateur et crée la société de production Artifex Film. Mais le seul film produit par le studio, et réalisé par lui-même, Der Streik der Diebe [La Grève des Voleurs] est un échec commercial. L’année suivante cependant, il assoit sa position d’acteur en jouant dans trois films importants : dans Dr Mabuse de Fritz Lang, il est le comte Told, dandy raffiné et amateur d’art victime du diabolique docteur. Dans Phantom de Murnau, il est Lorenz Lubota, le petit employé dont la vie est bouleversée par la vision d’une femme inaccessible, et dans Der falsche Dimitry [Le Faux Dimitri] de Hans Steinhoff, il est le tsar Ivan le Terrible.

En 1923, il joue dans l’adaptation de Die Buddenbrooks de Thomas Mann par Gerhardt Lamprecht, et dans Die Flamme [Montmartre] de Lubitsch, il est Gaston, le jouisseur qui provoque la perte de la courtisane repentie incarnée par Pola Negri. Il a également un petit rôle dans Der brennende Acker [La Terre qui flambe] de Murnau.

En 1924, il montre l’étendue de son talent en jouant un aventurier un peu louche dans l’unique comédie de Murnau, Die Finanzen des Grossherzogs [Les Finances du Grand-Duc]. En 1926 il est un fonctionnaire dans l’un des films sociaux de Gerhardt Lamprecht, Menschen Untereinander. L’année suivante il joue un trafiquant de drogue dans Laster der Menschheit, et un peintre dans Eine Dubarry von Heute d’Alexander Korda.

Metropolis

Metropolis, 1927

Cette même année 1927, Fritz Lang le choisit pour incarner Joh Fredersen, le « maître » symbolisant les classes supérieures de la cité futuriste de Metropolis. Il dirige son empire avec des caméras de surveillance et fait finalement alliance avec les ouvriers grâce à la médiation de son fils. Ce rôle d’industriel froid et puissant cimente son image d’homme d’autorité, mais souvent tourmenté.

Désormais spécialisé dans les rôles d’hommes du monde, il a la réputation d’être l’un des hommes les mieux habillés d’Europe. Il est en particulier, dans L’Argent (1928) de Marcel L’Herbier, le banquier Gundermann, raffiné et amateur de chats, et dans Cagliostro (1929) de Richard Oswald, il incarne de façon crédible le Prince de Rohan. La même année il est un directeur d’usine chimique dans Giftgas, et revient à la réalisation avec Narkose, adapté d’une nouvelle de Stefan Zweig et remarquable par la scène du rêve de l’héroïne.

Le parlant

Au début du cinéma parlant, Alfred Abel est relégué à des rôles secondaires d’hommes élégants, à la manière de Lewis Stone à Hollywood. Il joue cependant dans plusieurs bons films noirs comme Mary (1931) d’Alfred Hitchcock (la version allemande de Murder ! , où il reprend le rôle d’Herbert Marshall), ou une comédie comme Die Koffer des Herrn O.F. [Les 13 malles de Monsieur O. F.] où il est le maire de la petite ville d’Ostend. Dans Brennendes Geheimnis [Fin de Saison] de Siodmak, il est un homme mystérieux et séducteur. Il réalise encore deux films en 1934 et 1935, mais meurt prématurément en 1937. Sa fille Ursula essaie alors de suivre les traces de son père, mais sa carrière est brisée parce qu’elle ne peut fournir un certificat d’aryanité.

Sources et ressources

IMDB ; Wikipedia

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