1888-1972
France, Etats-Unis
Acteur

Né à Ménilmontant, Maurice Chevalier débute comme acrobate avant de se tourner vers la chanson, passant au Café des Trois Lions en 1903. Petit à petit, il se fait un nom dans les cafés concerts parisiens, et passe en vedette en 1908 à l’Eldorado, puis aux Folies-Bergère où il se lie avec Mistinguett. Au cinéma, il tourne quelques courts métrages comme Trop Crédules (1908) de Jean Durand. Pendant la Guerre il est blessé et fait prisonnier en Allemagne (il apprend alors l’anglais avec un codétenu). Libéré et réformé en 1916, il reprend sa carrière de vedette de music-hall au Casino de Paris.
Smoking et canotier
Maurice adopte alors sa tenue fétiche, smoking et canotier, et enchaîne revues à succès et opérettes. En 1923, il tourne plusieurs films pour Henri Diamant-Berger, qui exploitent la popularité de son personnage de la scène, comme Le Mauvais Garçon ou L’Affaire de la Rue de Lourcine, avec Florelle. Il connaît de sérieux problèmes de santé et des épisodes dépressifs mais les surmonte et retrouve le succès à Paris et en tournées à travers le monde. En 1927, il épouse sa partenaire Yvonne Vallée. Après une tournée en anglais à Londres, les producteurs de Hollywood le contactent et il signe avec Paramount.
Carrière américaine
Maurice Chevalier arrive donc en Amérique en 1928, séduit New York puis Hollywood par ses chansons qu’il a soin de présenter en anglais. Paramount lui fait alors sur mesure des films sophistiqués et légèrement coquins pour mettre en valeur son charme européen. Dans The Love Parade (1929) il est associé pour la première fois à la débutante Jeanette MacDonald dans une comédie musicale réalisée par Ernst Lubitsch. Il chante quelques chansons dans Paramount on Parade (1930) et tourne la même année pour les studios Astoria The Big Pond avec Claudette Colbert qui lui vaut une deuxième nomination à l’Oscar (après The Love Parade).
L’allure insouciante de Maurice Chevalier et son art de délivrer des dialogues osés, souvent à double sens, lui valent la faveur du public sophistiqué, même si les zones rurales apprécient moins les films du tandem Lubitsch-Chevalier. Ils triomphent cependant dans The Smiling Lieutenant (1931) et One Hour with You (1932). Mais le meilleur rôle de Chevalier est sans doute celui du tailleur pris pour un prince dans Love me Tonight (1932) de Rouben Mamoulian, avec Jeanette MacDonald et Myrna Loy. Sa carrière se poursuit ensuite avec The Way to Love (1933) de Norman Taurog, et surtout The Merry Widow [La Veuve Joyeuse] (1934) de Lubitsch. Mais le code Hays vient mettre un terme au type de films dans lesquels il s’était spécialisé, et la comédie musicale américaine prend alors un tour différent.

Retour en Europe
Maurice Chevalier retourne en Europe et joue dans plusieurs films français et anglais à la fin des années 30. La deuxième guerre mondiale, et des accusions de collaboration, viennent interrompre sa carrière. Il tourne Le Silence est d’Or, hommage au cinéma muet par René Clair en 1947. Mais il revient à Hollywood au milieu des années 50, pour les dernières années de la comédie musicale américaine. Avec des cheveux gris, mais toujours l’œil pétillant, il apparaît notamment dans Love in the Afternoon [Ariane] (1957) de Billy Wilder et dans Gigi (1958) de Vincente Minnelli. Il tourne son dernier film en 1967 et fait ses adieux à la scène l’année suivante.