1888-1933
France
Acteur

Jean-Jacques Barthélémy est le fils du comédien Angelo, dont il reprend le nom de scène sous la forme de Jean Angelo. En 1903, à l’âge de quinze ans, il débute au théâtre et joue en compagnie de Sarah Bernhardt, notamment dans Lucrèce Borgia. Il apparaît au cinéma en 1908 avec L’Assassinat du Duc de Guise d’André Calmettes, tourné pour le Film d’Art avec des acteurs de la Comédie Française. Remarqué par Albert Capellani, il joue sous sa direction des petits rôles dans deux adaptations de Victor Hugo : Notre Dame de Paris (1911) et Les Misérables (1911, dans le rôle d’Enjolras), avec à chaque fois Henry Krauss dans le rôle principal, puis dans Les Mystères de Paris, serial en quatre parties.
Sa carrière est momentanément interrompue par la Guerre quand il part au front en 1914. Il doit en particulier abandonner le rôle d’Edmond Dantès dans la version de Pouctal du Comte de Monte Cristo (le rôle est repris par Léon Mathot). En 1917 il participe à Mères Françaises avec Sarah Bernhardt, et l’année suivante il tourne son seul film américain à Fort Lee : The Divine Sacrifice de Georges Archainbaud.

Les films d’aventures des années 20
Dans les années 20, son physique viril et son côté sportif (il pratique l’escrime) fait de Jean Angelo le héros de nombreux films d’aventures à succès. Il est le Capitaine Morhange dans L’Atlantide (1921) de Jacques Feyder, d’après Pierre Benoît, et le musicien italien Muzio dans Le Chant de l’Amour Triomphant (1923) de Viktor Tourjansky. En 1925, il interprète le célèbre corsaire Surcouf, combattant les britanniques dans le film à épisodes de Luitz-Morat. La même année, il joue dans deux films de Jean Epstein : il tient le rôle-titre dans Les Aventures de Robert Macaire, et il est le joueur effréné qui ruine sa maîtresse dans Le Double Amour.
Jean Renoir lui donne alors le rôle du comte de Vandeuvres dans son adaptation de Nana (1926) d’après Zola. Très à l’aise dans le film d’époque, Jean Angelo obtient encore un grand succès en Edmond Dantès dans le Monte Cristo (1928) de Henri Fescourt, superbe adaptation du roman de Dumas. Il est alors au sommet de sa popularité.
Le parlant
L’arrivée du parlant freine cependant sa carrière, mais il continue à tourner. En 1932, il joue, pour la seconde fois Morhange dans la version française de L’Atlantide, de Pabst, avec Brigitte Helm en Antinea. C’est un de ses derniers rôles, et l’année suivante il meurt d’une pneumonie pendant le tournage de Colomba de Jacques Séverac.