Delluc (Louis)

1890-1924

France

Réalisateur

Né à Cadouin en Dordogne, Louis Delluc est le fils d’un pharmacien qui s’installe à Paris en 1903.

Le journaliste

Après de brillantes études, il se dirige vers la littérature et le journalisme. Il devient ainsi à 20 ans critique théâtral à Comoedia illustré, et quelques années plus tard rédacteur en chef de Le Film, prestigieuse revue de cinéma. Il apprécie peu le cinéma français de l’époque, constitué de films d’art, d’actualités, de bandes comiques et des séries de Louis Feuillade.

Eve Francis

Pendant la guerre, il rencontre l’actrice belge Eve Francis, muse et interprète de Paul Claudel, qui deviendra sa femme en 1918. Un soir de 1916, elle lui fait découvrir Forfaiture de Cecil B. de Mille. Louis Delluc est alors conquis par le cinéma américain, et se met à écrire d’innombrables articles, fondant véritablement la critique cinématographique.

Dès 1918, il milite pour un nouveau cinéma français, qui se dégagerait du théâtre et des mauvais scénarios, et qui parlerait le langage des images. Avec son ami d’enfance Léon Moussinac, il fonde la revue Cinéa, la première publication française d’esthétique cinématographique.

Delluc favorise l’idée d’un cinéma impressionniste, faisant exprimer par l’image la psychologie cachée des personnages, et accordant moins d’attention au fond qu’à la forme. Le présent est imbriqué avec le passé, le réel avec le fantasme. Il se retrouve ainsi avec la première avant-garde qui va marquer le cinéma français des années vingt (Abel Gance, Germaine Dulac, Marcel L’Herbier, Jean Epstein, René Clair), tout en prenant chez les maîtres américains (Griffith, Ince, Chaplin notamment) la sobriété et l’intimisme dans la direction d’acteurs.

L’Avant-Garde française

Poussé par Eve Francis, il écrit alors un premier scénario, La Fête Espagnole que réalise Germaine Dulac en 1919. L’année suivante, il met en scène lui-même Le Silence (1920), avec Gabriel Signoret et Eve Francis, à la structure éclatée entre le passé et le présent, et en collaboration avec René Coiffard. Il enchaîne ensuite avec Fumée Noire, essai ambitieux où le rêve se mêle à la réalité, et Le Chemin d’Ernoa (1921), tous deux avec Eve Francis. Il utilise le décor naturel, supprime les gesticulations et les péripéties. Fièvre (1921), tourné pour l’essentiel dans un décor de bar à matelots, et La Femme de Nulle Part (1922) insèrent des personnages dans un environnement (l’air, la lumière) qui dit bien leur désarroi.

En 1924, il tourne son dernier film, L’Inondation, dans la vallée du Rhône. Dans des conditions climatiques très mauvaises, Louis Delluc contracte une terrible pneumonie. Il y succombe en quelques semaines, à l’âge de trente-trois ans. En 1937, son nom est donné au prix décerné annuellement au meilleur film de la saison.

Sources et ressources

IMDB ; Wikipedia

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