1898-1981
France
Acteur, réalisateur

Fils d’un savonnier auvergnat, René Chomette grandit dans le quartier des Halles à Paris. Ambulancier pendant la Guerre, il est d’abord journaliste à L’Intransigeant et auteur de chansons pour Damia sous le pseudonyme de Danceny.
René Clair acteur
Il débute au cinéma en 1920 chez Gaumont dans Le Lys de la Vie, réalisé par la danseuse américaine Loie Fuller d’après son ballet. Puis il tourne comme jeune premier, partenaire de Sandra Milovanoff, dans deux serials de Louis Feuillade, L’Orpheline et Parisette (1921). Il choisit pour cette occasion le pseudonyme de René Clair. Il devient aussi directeur du supplément cinéma de la revue Théâtre et Comœdia illustré.

Débuts comme réalisateur
René Clair se forme à la réalisation avec Jacques de Baroncelli, et commence la rédaction d’un scénario surréaliste, Le Rayon diabolique. Il le tournera en 1923 sous le titre Paris qui dort mais il ne sortira que deux ans plus tard. Entre temps le ballet Relâche doit être monté au Théâtre des Champs-Élysées, et Francis Picabia qui a écrit le livret souhaite qu’on projette un film à l’entracte. René Clair est choisi par le directeur, Jacques Hébertot, pour le réaliser. Le film Entr’acte, d’inspiration dadaïste, auquel participent également Marcel Duchamp et Man Ray, et avec une musique d’Erik Satie, fait scandale et assure la notoriété du réalisateur.
Ses films suivants confirment un goût marqué pour le fantastique. Un jeune industriel voit son corps séparé temporairement de son âme dans Le Fantôme du Moulin-Rouge (1925) et un employé de banque vit en rêve des aventures extraordinaires dans Le Voyage Imaginaire (1926). L’année suivante, René Clair rejoint Albatros pour qui il tourne La Proie du Vent, mélodrame plus classique avec Charles Vanel.

Après La Tour (1928), court-métrage consacré à la Tour Eiffel, il réalise la même année deux comédies adaptées d’Eugène Labiche. Un Chapeau de Paille d’Italie est une folle cavalcade où toute une noce est à la poursuite du fameux chapeau. Les Deux Timides décrit les difficultés de communication entre les deux timides, dont l’un veut épouser la fille de l’autre. Ces deux films sont des réussites totales qui donneront le ton à la suite de son œuvre.
En même temps il continue aussi à écrire : Adams sort chez Grasset en 1926. En 1929, il participe à l’écriture du scénario de Prix de beauté, qu’il devait initialement réaliser, mais qui sera tourné par Augusto Genina, avec Louise Brooks dans le rôle principal.
Le Paris populaire des années 30
Son premier film parlant, Sous les Toits de Paris (1930), avec son acteur-fétiche Albert Préjean, lui donne une réputation internationale, et reste un témoignage précieux du Paris populaire de l’époque. Le succès se confirme avec Le Million (1930), cette fois avec René Lefèvre à la poursuite d’un billet de loterie. À nous la liberté (1931) avec Raymond Cordy, est une comédie satirique sur la société industrielle. Et Quatorze Juillet (1933), avec Annabella et Georges Rigaud, lui permet une nouvelle évocation des petites gens de Paris.
Après l’échec du Dernier milliardaire (1934), René Clair part travailler à Londres où il remporte un succès public avec The Ghost goes West [Fantôme à vendre] en 1935. Après son retour en France fin 1938, et un tournage interrompu par la guerre, il s’embarque pour New York fin juin 1940. Il est bien accueilli à Hollywood où il tournera quatre films dont I married a Witch [Ma femme est une sorcière] (1942) avec Veronica Lake, et It Happened Tomorrow [C’est arrivé demain] (1944) avec Dick Powell.
Rentré en France en 1946, René Clair tourne Le silence est d’or (1947), hommage au cinéma muet avec Maurice Chevalier. Il dirige Gérard Philipe dans plusieurs films : La Beauté du Diable (1949) où il revisite le mythe de Faust, Les Belles de Nuit (1952), et Les Grandes Manœuvres (1955). En 1960, alors que la Nouvelle Vague bouleverse les règles du cinéma de studio qu’il représente, il est élu à l’Académie Française. C’est la première fois qu’un cinéaste en tant que tel y fait son entrée. Après son dernier film, Les Fêtes Galantes en 1965, il se consacre à l’écriture et à la mise en scène théâtrale.