1907-1996
France
Actrice

Débuts dans le cinéma muet
Suzanne Charpentier naît à Paris dans une famille aisée qui compte plusieurs acteurs. Son père, photographe amateur, envoie une photo d’elle à l’écrivain t’Serstevens, ami d’Abel Gance. Elle est ainsi recrutée à 16 ans pour participer au Napoléon (1927), où elle joue Violine Fleuri, une fille du peuple, amour de jeunesse du futur empereur. Gance lui donne aussi son nouveau nom d’Annabella, d’après le poème d’Edgar Poe Annabel Lee. Elle pense l’aventure sans lendemain, mais Jean Grémillon lui donne le rôle de Flora, l’épouse délaissée par Dullin dans Maldone (1927), puis elle joue dans l’adaptation par Robert Boudrioz de l’opérette Trois Jeunes Filles Nues (1928).
Le parlant
La carrière d’Annabella se poursuit dans le cinéma parlant avec la version française de Barcarolle d’Amour (1930) avec Charles Boyer, et celle du film policier Autour d’une Enquête (1931) de Robert Siodmak. Elle est ensuite la partenaire d’Albert Préjean, boxeur dans Un Soir de Rafle (1931). Elle devient alors une des grandes stars françaises des années 30 et épouse le séducteur Jean Murat. En 1932, le cinéaste d’origine hongroise Paul Féjos lui fait incarner une fille mère rejetée par la société dans Marie Légende Hongroise et lui donne un rôle plus optimiste dans Gardez le Sourire avec Gustav Fröhlich.

René Clair en fait la belle héroïne de la France populaire dans Le Million (1931) où elle court avec son fiancé après un billet de loterie gagnant, et dans Quatorze Juillet (1932) qui relate les amours contrariées d’un chauffeur de taxi et d’une gentille fleuriste le jour de la fête nationale. Elle est ensuite une infirmière russe dans Les Nuits Moscovites (1934) de Granowsky, et Aïscha la Slaouï, la danseuse berbère dont le légionnaire Gabin tombe amoureux dans La Bandera (1935) de Julien Duvivier.
Carrière à Hollywood
En 1937, sous contrat avec la Twentieth Century Fox, Annabella part aux Etats-Unis pour jouer dans Suez de Allan Dwan aux côtés de Tyrone Power. Séduite par son partenaire, Annabella revient à Paris pour divorcer de Jean Murat, et en profite pour apparaître dans Hôtel du Nord (1938) avec Louis Jouvet et Arletty. Elle passe huit ans aux Etats-Unis, épouse Power mais se fait plus rare au cinéma. Après la guerre, ils se séparent et Annabella rentre en Europe. Elle tourne encore quelques films et se retire dans sa propriété du pays basque.