1896-1948
France
Acteur

En 1920, le jeune Antonin Artaud débarque à Paris pour entamer une carrière dans l’écriture mais ses premières tentatives ne trouvent pas le succès auprès des maisons d’édition. Homme de théâtre, il fréquente Lugné-Poë, directeur de l’Œuvre, et joue dans ses spectacles. Il collabore avec Dullin, chez qui il rencontre Genica Athanasiou qui sera sa compagne jusqu’en 1927, puis avec les Pitoëff. Avec Vitrac, il fonde le théâtre Alfred Jarry et tente de rénover la conception du spectacle pour le teinter de grotesque et de risque. Des concepts trop innovants et un public trop frileux font que la tentative échoue.
Expériences au cinéma
Le comédien s’essaye au cinéma grâce à son cousin Louis Nalpas, mais se fait recaler notamment lors de l’audition de La Chute de la Maison Usher à cause d’une « trop grande acuité dans l’interprétation ». Il n’obtient que des seconds rôles, souvent de traitres ou de seconds couteaux comme dans Surcouf ou Le Juif Errant (1926), tous deux de Luitz-Morat. Mais certains sont marquants comme celui de Marat dans le Napoléon (1927) d’Abel Gance ou de l’un des juges dans La Passion de Jeanne d’Arc (1928) de Dreyer. Il écrit le scénario de La Coquille et le Clergyman de Germaine Dulac. Indisponible, il doit renoncer à jouer le rôle du Clergyman, et manifeste bruyamment sa déception devant le film réalisé, dans lequel a joué Genica.
Déçu par le cinéma, il tourne néanmoins encore quelque petits rôles, comme l’intellectuel de Verdun, Visions d’Histoire (1928), où dans L’Argent (1928). Il revient alors au théâtre, pour lequel il écrit le recueil intitulé Le Théâtre et son Double, pamphlet révolutionnaire pour débarrasser le théâtre de la mainmise du vaudeville bourgeois et du mélodrame, mais ne trouve alors que peu d’écho. C’est seulement un demi siècle après sa mort que ses talents de théoricien et de poète visionnaire seront unanimement reconnus.