Bánky (Vilma)

1901-1991

Hongrie, Etats-Unis

Actrice

Vilma Bánky incarne parfaitement l’âge d’or du muet, avec ce mélange de douceur européenne et de glamour hollywoodien. Archétype de la jeune fille pure et lumineuse, elle est notamment la partenaire de Rudolph Valentino et Ronald Colman

Vilma Koncsics, née dans le village de Nagydorog en Hongrie, s’installe peu après avec ses parents à Budapest où son père devient fonctionnaire de police. Engagée pour de petits rôles au théâtre Belvarosi Szinhaz, elle débute au cinéma en 1919 dans le film allemand Im letzten Augenblick réalisé par Carl Boese.

De Hongrie en Allemagne

Au début des années 20, elle tourne plusieurs films en Hongrie dirigés par Bela Balogh et Geza von Bolvary, développe son personnage de jeune fille pure et lumineuse et adopte le nom de Vilma Bánky. Elle suit alors les cours de comédie de Bolvary et de sa femme Ilona Mattyasovszky, et suit le couple à Munich. En Allemagne elle tourne avec Franz Osten et à nouveau avec Carl Boese.

En 1923 le studio viennois Vita Films l’engage, et elle joue notamment un petit rôle dans Das Bildnis [L’Image] de Jacques Feyder. Mais elle est surtout la partenaire de Max Linder dans Max, der Zirkuskönig [Le Roi du Cirque], une co-production franco autrichienne qui est une des toutes dernières œuvres du comique français. Vita ayant fait faillite, Vilma passe chez Gloria Films à Berlin. Elle travaille avec Manfred Noa, notamment dans Das schöne Abenteuer [La Belle Aventure] où elle est une Américaine cherchant l’aventure en Europe.

La gloire à Hollywood

En janvier 1925 Sam Goldwyn voyage en Europe à la recherche de nouvelles stars. A Budapest il remarque la beauté délicate de Vilma et décide de la prendre sous contrat. Elle arrive deux mois plus tard à Hollywood et est lancée sous le nom de « La Rhapsodie Hongroise ».

avec Valentino dans Son of the Sheik, 1926

Vilma Bánky débute à Hollywood dans The Dark Angel [L’Ange des Ténèbres] (1925), mélodrame poignant où elle se montre capable de profondeur émotionnelle. Le couple qu’elle forme avec Ronald Colman sera reconstitué dans quatre autres films. Elle le retrouve en particulier l’année suivante dans The Winning of Barbara Worth [Barbara, fille du désert] d’Henry King, western épique où Vilma apporte une touche de sophistication, et où joue également le jeune Gary Cooper.

Vilma remporte un grand succès dans les deux derniers films de Valentino, où son alchimie avec lui est parfaite. Dans The Eagle [L’Aigle Noir] elle est Macha la jeune noble russe séduite par le vengeur masqué. L’alchimie entre elle et le latin lover est immédiate et électrise le public. Dans Son of the Sheik [Le Fils du Cheik] elle est sublime dans le rôle de la danseuse Yasmine, d’abord violentée puis séduite par le prince Ahmed. Le film est un triomphe visuel et reste un pilier de l’histoire du cinéma.

Association avec Ronald Colman, et mariage avec Rod La Rocque

En 1927 elle retrouve Ronald Colman dans The Night of Love et The Magic Flame, où la passion l’emporte sur le sentiment. Dans le premier, mélodrame dans l’Espagne du XVIIème siècle d’après Calderon, elle est l’instrument de la vengeance de Colman, mais tombe amoureuse de lui. Dans le deuxième, film perdu d’Henry King, elle est une trapéziste en butte aux avances d’un prince débauché. Goldwyn essaie de mettre en valeur une pseudo-romance avec Colman, mais Vilma épouse un autre jeune premier, Rod La Rocque en juin 1927. Le mariage, payé par la MGM, donne lieu à une des plus grandes fêtes d’Hollywood, et durera jusqu’à la mort de Rod en 1969.

avec Colman dans Two Lovers, 1928

Son association au cinéma avec Colman se poursuit néanmoins avec Two Lovers [Le Masque de Cuir] (1928), nouveau mélodrame historique. La même année elle a pour partenaire Walter Byron dans The Awakening [L’Innocente], film perdu de Victor Fleming sur fond de Première Guerre Mondiale.

Fin de carrière avec le parlant

A l’arrivée du parlant, malgré une bonne interprétation dans un film de Victor Sjöström, A Lady to Love (1930), le son s’avère être un obstacle insurmontable pour Vilma Bánky. Contrairement à Colman qui oriente sa carrière vers les types de gentlemen britanniques, et à La Rocque qui continue dans les seconds rôles, Vilma est handicapée par un fort accent hongrois, et les producteurs se tournent vers les actrices anglo-saxonnes entraînées au théâtre.

Vilma arrête donc sa carrière après un très bon rôle dans le film allemand de Luis Trenker Der Rebell en 1932. Puis, des investissements judicieux lui permettent de vivre agréablement en s’adonnant jusqu’à un âge avancé à sa passion pour le golf.

Sources et ressources

IMDB ; Wikipedia

Rachel A. Schildgen : More Than a Dream – Rediscovering the Life and Films of Vilma Banky (ang.)

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