1891-1977
France
Réalisateur

Fils cadet de l’humoriste et homme de théâtre Tristan Bernard, Raymond Bernard suit sa scolarité dans les meilleurs établissements. En 1916, il débute sa carrière artistique comme acteur aux côtés de Sarah Bernhardt dans Jeanne Doré, un film de Louis Mercanton et René Hervil, adapté d’une pièce de son père. La même année, il entre chez Gaumont et devient l’assistant de Jacques Feyder pour le court métrage L’Homme de Compagnie. En 1918, il adapte un roman de son père Le Ravin sans Fond et termine la réalisation du film, après le départ de Feyder pour le front. L’année suivante, il réalise Le Petit Café avec Max Linder, toujours tiré d’une œuvre de Tristan Bernard.
Au début des années vingt, Raymond Bernard continue à travailler sur les comédies paternelles, telles que Triplepatte (1922) avec Henri Debain, histoire d’un aristocrate ruiné poussé au mariage par un usurier, et Le Costaud des Epinettes (1923) avec Albert Préjean. Mais il met aussi en scène des scénarios originaux de lui-même, comme La Maison Vide (1921) ou de son père, comme Le Secret de Rosette Lambert (1920) ou Décadence et Grandeur (1923). Ces films reprennent les thèmes et situations du vaudeville, avec les principes cinématographiques appris des Américains.
Adaptations historiques
En 1924, il change de registre en adaptant la fresque historique d’Henry Dupuy-Mazuel, Le Miracle des Loups avec Charles Dullin. Ce film mêle intrigue sentimentale et événements spectaculaires dans le contexte des conflits entre Louis XI et Charles le Téméraire. C’est un beau succès et il ressortira en 1930 en version sonorisée. Fort de cette reconnaissance, il enchaîne deux productions en costume à gros budget d’après Dupuy-Mazuel, Le Joueur d’Échecs (1926) avec Pierre Blanchar et Tarakanova (1929) avec Édith Jehanne.
Le parlant
Raymond Bernard signe alors un contrat avec les productions Pathé-Natan en 1931. Il passe au cinéma parlant avec Faubourg Montmartre (1931) mais surtout avec Les Croix de Bois (1932), un film sur les horreurs de la guerre et sur la camaraderie au front, interprété par Pierre Blanchar et Charles Vanel. En 1933, Bernard dirige Les Misérables avec Harry Baur, un triptyque qui constitue une des meilleures versions de l’épopée de Victor Hugo. L’année suivante, il met en scène Raimu dans Tartarin de Tarascon d’après Daudet. Après la faillite de Pathé-Natan en 1934, il alterne des comédies et des drames mondains. Puis il tourne deux films brillants qui, de manière très différente, annoncent la guerre imminente : Les Otages (1938) avec Annie Vernay et Cavalcade d’Amour (1939) avec Michel Simon.
Pendant la seconde guerre mondiale, d’origine juive, Raymond Bernard est interdit de cinéma. Pour éviter les persécutions nazies il se réfugie dans le Vercors. En 1946, à la Libération, il reprend le chemin des plateaux de cinéma, mais sans jamais retrouver sa verve et son succès d’avant-guerre, et se retire en 1957.