1887-1980
Allemagne
Actrice

Marie Antonia Seubert est née sur l’île de Java où son père était exploitant forestier pour le gouvernement hollandais. Ses parents l’envoient en Allemagne poursuivre ses études, après quoi elle débute une carrière d’actrice de théâtre. En 1913 elle épouse l’acteur autrichien Fritz Daghofer, de 25 ans son aîné. Elle divorce en 1920, mais garde définitivement pour nom de scène Lil Dagover.

Fritz Lang et Caligari
Au cinéma, après quelques petits rôles, elle fait ses vrais débuts en 1919, année où Fritz Lang l’engage pour ses deux premiers films importants où elle joue des rôles exotiques : la princesse du soleil dans Die Spinnen [Les Araignées], et O-Take-San dans Harakiri. L’année suivante, Robert Wiene lui offre le principal rôle féminin, celui de Jane, dans Das Kabinett des Dr Caligari [Le cabinet du docteur Caligari].
La star des années 20
Lil Dagover devient alors l’une des plus grandes stars féminines allemandes des années vingt, tournant avec les plus grands réalisateurs. Pour Ludwig Berger elle est l’héroïne de Der Richter von Zalamea [L’Alcade de Zalamea] (1920) d’après Calderon. Pour Fritz Lang à nouveau elle est l’héroïne féminine à toutes les époques dans Der müde Tod [Les trois Lumières], et pour Friedrich Wilhelm Murnau elle est une des quatre stars féminines de Phantom (1922), et plus tard Elmire dans Tartuff (1926). Elle incarne Luise Millerin (1922), l’héroïne du film de Carl Froelich d’après Schiller. Elle joue pour Benjamin Christensen dans Seine Frau, die Unbekannte (1923) où elle est mariée à un aveugle, avec Willy Fritsch, qui ne la reconnait pas quand il retrouve la vue. Pour Rochus Gliese elle est la vedette de Komödie des Herzens (1924), film perdu, et pour Ewald Andre Dupont celle de Der Demütige und die Tänzerin (1925).
Parmi ses autres rôles les plus marquants on peut citer Barbara, la paysanne aimée par un chevalier dans Zur Chronik von Grieshuus (1925) d’Arhur von Gerlach. Elle est aussi une femme du monde trompée par son mari et soignée par Conrad Veidt dans Liebe macht blind (1925) de Lothar Mendes, et une fille d’industriel froide et insensible dans Die Brüder Schellenberg (1926) de Karl Grune. Elle incarne également de Mme de Rénal dans Der geheime Kurier (1928), adaptation du Rouge et le Noir par Gennaro Righelli avec Ivan Mosjoukine.
Carrière internationale

En 1925, Max Reinhardt l’invite à jouer sur scène dans son théâtre, et au Festival de Salzbourg. L’année suivante elle épouse le producteur Georg Witt. Elle tourne dans des productions suédoises (pour Gustav Molander) et françaises, telles que La grande passion (1927) de André Hugon, Monte-Cristo (1928) de Henri Fescourt où elle incarne Mercédès. Dans Le Tourbillon de Paris (1928) de Julien Duvivier, où elle est la femme d’un lord et le quitte pour faire une carrière de cantatrice. Elle est aussi la femme d’un général dans Ungarische Rhapsodie (1928) de Hanns Schwartz, et la maîtresse du tsar dans Der weisse Teufel [Le Diable Blanc] (1930).
Le parlant
Sa diction parfaite lui permet de passer sans problème au cinéma parlant. Tout au long des années trente, elle continue à tourner en vedette, par exemple dans Der Kongress tanzt (1931) d’Erik Charell. En 1932, Lil Dagover tourne pour la Warner Bros The Woman from Monte Carlo sous la direction de Michael Curtiz. Après le succès mitigé de cette unique expérience hollywoodienne, l’actrice préfère retourner dans son pays.
A l’avènement du IIIème Reich, elle tourne alors dans des comédies et comédies musicales. Elle évite les sujets politiques, mais se voit décerner en 1937 par Goebbels le Prix d’Artiste d’Etat pour son interprétation dans La Sonate à Kreutzer de Veit Harlan, et joue pour les troupes allemandes pendant la Guerre.
Après la Guerre, Lil Dagover apparaît dans des films ouest-allemands, comme le drame anti-nazi Die Söhne des Herrn Gaspary (1948) ou l’adaptation des Buddenbooks de Thomas Mann (1959). Elle se retire définitivement en 1976.