Abbadie d’Arrast (Henri d’)

1897-1968

France, Etats-Unis

Réalisateur

Henri d’Abbadie d’Arrast nait le 6 mai 1897 à Buenos Aires au sein d’une famille française d’origine aristocratique. Après des études au Lycée Janson-de-Sailly à Paris, il sert dans l’armée française durant la Première Guerre mondiale, au cours de laquelle il est blessé. Pendant sa convalescence, il rencontre le réalisateur George Fitzmaurice qui l’invite à Hollywood.

Le jeune Henri émigre donc aux États-Unis en 1922. Il commence par travailler comme conseiller technique et assistant-réalisateur auprès de Charlie Chaplin. Celui-ci l’emploie notamment sur L’Opinion publique (1923), dans lequel il a un petit rôle, et sur La Ruée vers l’or (1925), où il développe son sens de la comédie sophistiquée. D’Abbadie d’Arrast est également l’assistant non crédité de William A. Wellman sur le classique Wings (1927).

Comédies de mœurs à la Paramount

En 1927, la Paramount Pictures lui donne sa chance de passer à la réalisation. Il s’impose alors rapidement comme un maître de la comédie de mœurs, et privilégie un style élégant et caustique pour dépeindre la haute société. Son premier film est A Gentleman of Paris (1927), une comédie spirituelle qui met en vedette Adolphe Menjou dans le rôle d’un aristocrate français charmeur et volage. Ce rôle définit la marque de d’Abbadie d’Arrast et de son acteur fétiche. Plus tard la même année, il réalise Service for Ladies [Monsieur Albert] et Serenade, deux autres comédies avec Menjou, dans la même veine de sophistication. En 1928, il réalise Dry Martini avec Mary Astor, et The Magnificent Flirt avec Loretta Young et Florence Vidor, une comédie romantique pour laquelle il est à la fois réalisateur et scénariste.

Le parlant

Henri d’Abbadie d’Arrast réussit avec brio la transition vers le cinéma parlant. Son chef-d’œuvre est sans doute Laughter (1930), une satire sophistiquée et mordante des mœurs de la haute société de Manhattan, avec Nancy Carroll et Fredric March, qui lui vaut une nomination à l’Oscar de la meilleure histoire originale en 1931. Le film oppose le cynisme à la naïveté, un thème cher au réalisateur. En 1933, il dirige Topaze, l’adaptation américaine de la célèbre pièce de théâtre de Marcel Pagnol avec en vedette John Barrymore. C’est une autre satire sociale acérée, l’histoire d’un professeur intègre qui est progressivement corrompu par le monde des affaires.

Mais la carrière de réalisateur de d’Abbadie d’Arrast s’arrête brusquement peu après, après une dizaine de films seulement. Il se retire alors dans son château familial d’Etchaux, au Pays Basque, où il invite plusieurs fois Chaplin. Marié depuis 1940 avec l’actrice Eleanor Boardman, il meurt en 1968 à Monte-Carlo. Il laisse derrière lui l’héritage d’un style cinématographique singulier, salué pour son esprit et sa finesse.

Sources et ressources

IMDB ; Wikipedia

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