1905-1965
Etats-Unis
Actrice

Clara Bow est née en 1905 dans les quartiers pauvres de Brooklyn, dans une famille marquée par la pauvreté, la maladie mentale et les mauvais traitements. Complètement négligée pendant son enfance, elle trouve son réconfort avec le cinéma et rêve de devenir une star. En 1921 elle gagne le concours du magazine Motion Picture. Ce succès lui permet de participer à un premier film, mais son rôle sera coupé au montage. Sa mère ne supporte pas son choix de carrière, et après avoir tenté de tuer Clara, elle est internée dans un asile où elle mourra peu après.
Débuts au cinéma
Le vrai début de Clara est dans Down to the Sea in Ships [Le Harpon] (1922) d’Elmer Clifton, où elle est remarquée par la critique. Et après quelques mois c’est le studio Preferred Pictures qui la fait venir à Hollywood. Là, elle fait des tests et étonne le patron B. P. Schulberg par sa photogénie, son naturel et sa capacité à exprimer les émotions. Il la fait jouer alors dans une série de seconds rôles où elle commence cependant à se faire un nom. Elle peut alors faire venir son père Robert qui se comporte en vrai parasite.
Parmi ses rôles de la première partie de sa carrière on peut citer Maytime (1923), son premier film hollywoodien, d’après une célèbre opérette, Black Oxen (1923) de Frank Lloyd avec Corinne Griffith, Poisoned Paradise (1924) de Louis Gasnier où elle a son premier rôle en vedette. Dans Empty Hearts (1924) d’Alfred Santell, elle est une danseuse de cabaret, dans Helen’s Babies (1924), elle joue avec l’enfant-vedette Baby Peggy, dans The Primrose Path (1925) de Harry Hoyt, elle est à nouveau une danseuse. Dans Capital Punishment (1925) de James P. Hogan, elle se bat pour sauver son fiancé condamné à mort, et dans My Lady of Whims (1925) de Dallas Fitzgerald, elle est une riche héritière.

La « It girl »
En 1925 Schulberg la fait jouer dans The Plastic Age de Wesley Ruggles, qui fait d’elle soudain la plus grande star de la Paramount. Son partenaire Gilbert Roland devient alors un de ses premiers fiancés. Dancing Mothers (1926) de Herbert Brenon la confirme dans son personnage de « flapper », avec lequel elle vole la vedette à la star Alice Joyce.
Après cela elle tourne Mantrap (1926), mis en scène par Victor Fleming, dont elle tombe amoureuse sans pour autant abandonner Roland, et Kid Boots (1926) de Frank Tuttle avec Eddie Cantor. Puis en 1927 elle atteint le sommet de sa popularité avec It, basé sur une histoire d’Elinor Glyn, avec Antonio Moreno. Elle devient alors la « It Girl », it signifiant ici le sex-appeal, image renforcée par ses nombreuses aventures avec des hommes célèbres d’Hollywood, parmi lesquels le jeune Gary Cooper. La même année, dans Get your Man de Dorothy Arzner, elle parvient à faire la conquête de Charles Buddy Rogers.
Dernières années du muet
Malgré sa popularité et son succès à l’écran, Clara Bow ne sera jamais acceptée socialement à Hollywood, en raison de son style de vie bohème, de son accent de Brooklyn et de ses mauvaises manières. Et pourtant les critiques continuent à louer sa beauté, sa vitalité et son enthousiasme. Malheureusement ses rôles lui permettent rarement de montrer l’étendue de son talent. Manquant de confiance en elle, elle n’a jamais demandé de droit de regard sur ses films. Les studios se contentent donc d’exploiter le filon, qui fonctionnera d’ailleurs un certain temps grâce à la loyauté de ses fans. En 1927 Clara joue ainsi dans Wings [Les Ailes] de William A. Wellman, un film d’hommes dans lequel le studio cherche cependant à donner une place à sa plus grande star.

Dans les dernières années du muet, Clara Bow est la partenaire d’Esther Ralston et de Gary Cooper dans le mélodrame Children of Divorce (1927), puis la fille d’un riche planteur d’Hawaii dans Hula (1927) de Victor Fleming. Ses films de 1928 sont malheureusement perdus : The Fleet’s In, où elle est une taxi girl amoureuse d’un marin, Red Hair, où elle est une manucure rousse très courtisée, et Ladies of the Mob de William Wellman où elle essaie de ramener dans le droit chemin l’homme qu’elle aime.
Passage au parlant et fin de carrière
La carrière de Clara continue au début du parlant, avec un premier film The Wild Party [Les Endiablées] de Dorothy Arzner qui est un grand succès public, et Saturday Night Kid (1929) d’Edward Sutherland qui l’associe à la jeune Jean Arthur. Les critiques commentent que sa voix va bien avec son image. Mais elle développe vite une phobie du micro qui la rend très nerveuse lors des tournages, et l’oblige à recommencer de nombreuses prises. Le studio continue à exploiter et à humilier l’actrice de plus en plus fragile émotionnellement, ce qui la pousse vers la dépression. Le coup de grâce est le procès de son ancienne assistante Daisy DeVoe, accusée de détournement de fonds. Clara doit entrer dans un sanatorium en avril 1931.
Paramount ayant rompu son contrat, Clara Bow revient ensuite tourner deux films pour la Fox. Dans Call Her Savage (1932) de John Francis Dillon, film typiquement pre-code, son comportement instable pendant tout le film s’explique finalement… parce qu’elle a du sang indien. Dans Hoop-La (1933) de Frank Lloyd, elle est une danseuse de hula-hoop. Malgré leur succès, elle choisit alors d’abandonner le cinéma pour épouser l’acteur cow-boy Rex Bell. Le couple aura deux fils. Après une tentative de suicide en 1942, elle est diagnostiquée schizophrène. Le traitement révèle alors les traumatismes subis pendant son enfance (prostitution de sa mère, viol par son père). Elle termine sa vie dans une modeste maison de Los Angeles et meurt en 1965.