1906-1985
Etats-Unis, Allemagne
Actrice

Louise Brooks est devenue un des plus grands mythes du cinéma grâce à des films tournés loin de son pays natal. Elle naît au Kansas en 1906, de parents quelque peu « absents », qui lui donnent le goût des livres et de la musique mais ne peuvent la protéger d’abus sexuels de la part d’un voisin. Cette épisode aura une influence majeure sur sa vie et sa carrière, et elle affirmera plus tard être incapable d’aimer vraiment.
Débuts américains
Encore adolescente, elle débute sa carrière d’artiste comme danseuse dans la compagnie de danse moderne de Denishawn, mais la quitte rapidement suite à une brouille due à son caractère difficile. Mais elle obtient bientôt un rôle de danseuse dans les Ziegfeld Follies à Broadway, où elle se fait immédiatement remarquer par les studios de cinéma.
Elle signe chez Paramount où elle obtient des rôles dans un certain nombre de comédies légères comme The Show Off et A Social Celebrity (1926) de Malcolm St Clair, et Love ’em and Leave ’em (1926) de Frank Tuttle. Cette même année, elle fait partie de la distribution de The American Venus, film perdu de Frank Tuttle avec Esther Ralston, et elle joue dans It’s the old Army Game d’Edward Sutherland avec W. C. Fields. L’année suivante, elle a des rôles un peu plus importants avec The City gone wild de James Cruze, Evening Clothes avec Adolphe Menjou et Rolled Stockings avec Richard Arlen, films tous trois disparus.
Naissance d’une star
Louise Brooks se fait remarquer en Europe grâce à son rôle d’une vamp dans le film de Howard Hawks, A Girl in every Port [Une fille dans chaque port] (1928) de Howard Hawks. Mais elle trouve son plus grand rôle américain dans l’un des derniers films muets, Beggars of Life [Les Mendiants de la vie] (1928) de William A. Wellman, en fille de la campagne déguisé en garçon pour fuir après avoir tué l’homme qui voulait la violer, avec Richard Arlen et Wallace Beery en vagabonds.

À cette période de sa vie, elle est au firmament, régulièrement invitée par le milliardaire William Randolph Hearst. Elle est l’archétype de la « flapper », et sa coiffure est bientôt imitée par de nombreuses femmes dans le monde entier. Mais Louise Brooks se tient soigneusement à l’écart du milieu hollywoodien. Partie en Europe tourner avec G.W. Pabst, elle refuse de revenir enregistrer des paroles pour le film muet The Canary Murder Case (1929) de Malcolm St Clair, où elle jouait la victime, une show-girl surnommée « Le Canari ». Ce refus met un terme à sa carrière à Hollywood.
La star devient un mythe
Son rôle de Loulou dans Die Büchse der Pandora [Loulou] (1929) de Georg Wilhelm Pabst, portrait d’une femme vivant sans contrainte sa sexualité, fait d’elle une icône de la période jazzy. Louise joue ensuite dans les drames sociaux. Dans Das Tagebuch einer Verlorenen [Le Journal d’une fille perdue], également de Pabst, elle est une jeune fille de bonne famille qui, après avoir été abusée sexuellement, se retrouve dans une maison de correction, puis dans un bordel. Dans Prix de beauté (1930), tourné en France par Augusto Genina, elle est une fille du peuple qui remporte un prix de beauté mais se fait assassiner par son amant, avec une fin aussi choquante que fascinante. Passés relativement inaperçus à l’époque en raison de l’arrivée des films parlants, ces trois films seront plus tard reconnus comme des œuvres maîtresses du cinéma.

Egocentrique, femme libérée parfois d’un caractère difficile, elle n’hésite pas à user de sa verve acidulée, mais sait aussi être généreuse envers ses amis. Lorsqu’elle retourne à Hollywood, elle est sur la liste noire et ne peut reconquérir son succès d’antan. En 1938, après avoir été humiliée de se retrouver dans des films de série B où les studios l’ont reléguée, elle se retire du show business, et retourne à Wichita, la ville de son enfance.
Fin de carrière
Mais n’y trouvant pas la tranquillité qu’elle y espérait, elle retourne vers l’Est et travaille pendant quelques années comme vendeuse dans un magasin Saks sur la Cinquième Avenue à New York, puis vit aux crochets de divers hommes fortunés. Louise a toujours aimé l’alcool, elle y sombre bientôt, mais parvient à exorciser ses démons : c’est le début de sa seconde vie. Les historiens français du cinéma redécouvrent ses films au début des années 50, lui attirant un nouveau public et la réhabilitant même dans son propre pays. James Card, le conservateur des films de la George Eastman House, la persuade de le suivre à Rochester. Avec son aide, elle se met à écrire. Un recueil de ses oeuvres paraîtra en 1982 sous le nom de Loulou à Hollywood.
Donnant rarement des interviews, elle vit seule, de son propre choix, pendant de nombreuses années, et meurt d’une crise cardiaque en 1985 après avoir longtemps souffert d’arthrite et d’emphysème.