1878-1954
Etats-Unis
Acteur, réalisateur

Comme son jeune frère John, Lionel Barrymore veut avant tout être un artiste. Mais comme tous les membres du clan Barrymore il est poussé par la tradition familiale et se lance sans enthousiasme dans une carrière d’acteur dans les années 1890. Pas aussi beau que John ou leur sœur Ethel, il est affecté dès son jeune âge aux rôles de composition : méchants, officiers, ou pères. Il épouse l’actrice Doris Rankin mais le mariage, marqué par la mort de deux filles en bas âge, prendra fin en 1923.
Débuts au cinéma
Après un séjour à Paris, Lionel Barrymore commence à travailler au cinéma en 1911 avec D. W. Griffith à la Biograph. Il débute par un petit rôle dans The Battle (1911), qui se passe pendant la Guerre de Sécession. Il joue l’année suivante dans The New York Hat et Friends, tous deux avec Mary Pickford : dans le premier il est le pasteur qui offre un chapeau à la jeune fille, dans le deuxième il est un de ses soupirants. En 1913 Lionel est un des amis de Three Friends.
En 1914 il est le méchant dans The Woman in Black de Lawrence Marston, et l’année suivante dans Wildfire d’Edwin Middleton, il a pour partenaire Lillian Russell, une star du théâtre dans une de ses rares apparitions à l’écran. Toujours en 1915 il joue le méchant dans The Romance of Elaine, serial avec Pearl White. Il a l’occasion d’écrire des scénarios, et de mettre en scène plusieurs films, notamment Life’s Whirlpool (1917) à la Metro, avec sa sœur Ethel.
La Metro et la MGM
Sa carrière au théâtre prend un nouveau départ en 1917 avec Peter Ibbetson, puis avec le rôle de Milt Shanks dans The Copperhead, qu’il reprend au cinéma en 1920 pour Paramount Aircraft. L’échec de Macbeth en 1921 le convainc de retourner à l’écran. Il tourne plusieurs films pour la Metro de Louis B. Mayer, et signe tout naturellement à la MGM lors de sa création, pour un bail qui allait durer 25 ans. En 1923, il se remarie avec Irene Fenwick, une ancienne maîtresse de John, ce qui cause une brouille temporaire entre les deux frères. Il joue un prince russe dans Enemies of Women (1923) d’Alan Crosland, et retrouve Griffith pour jouer un militaire partisan des Anglais dans America (1924). Il joue en Italie dans The Eternal City, puis il va à Berlin participer à la coproduction Decameron Nights (1924) mis en scène par Herbert Wilcox.

A partir de 1926 Lionel tourne exclusivement pour MGM, avec notamment le rôle de Vautrin dans Paris at Midnight (1926) d’après « Le Père Goriot » de Balzac, The Bells (1926) de James Young, The Lucky Lady (1926) de Raoul Walsh. Il est le partenaire de Greta Garbo dans The Temptress (1926) et celui de John Gilbert dans The Show (1927) de Tod Browning. Il participe cependant à quelques productions en prêt, notamment Sadie Thompson (1928) avec Gloria Swanson, et Drums of Love (1928) où il retrouve D. W. Griffith. Il est un inspecteur de police dans la nouvelle version (perdue) de Alias Jimmy Valentine (1928), se bat avec Lon Chaney dans West of Zanzibar [Le Talion], et incarne Dakkar, alias le capitaine Nemo dans The Mysterious Island (1929) inspiré de Jules Verne.
Le parlant
Au début du parlant, il obtient de réaliser quelques films mais montre peu de talent dans ce domaine malgré Madam X (1929) avec Ruth Chatterton, The Sea Bat (1930) avec Nils Asther, et Ten Cents a Dance (1931) avec Barbara Stanwyck. Il est en fait utilisé par Mayer pour « punir » des stars récalcitrantes comme John Gilbert avec His Glorious Night (1929). Revenant à son rôle d’acteur, Lionel Barrymore et sa voix entraînée par le théâtre remportent vite des succès, et en particulier un Oscar pour son interprétation d’un juge alcoolique dans A Free Soul (1931). La même année Lubitsch lui donne le rôle du médecin, père du soldat allemand tué à la Guerre dans Broken Lullaby.

Il accumule ensuite les rôles de compositions, comme Raspoutine dans Rasputin and the Empress (1932), avec John et Ethel, le général russe victime de l’espionne Greta Garbo dans Mata-Hari (1932), le petit comptable condamné par la maladie et qui mène la grande vie dans Grand Hotel (1932), le commissaire adversaire du cambrioleur Arsene Lupin (1932) interprété par son frère John, l’armateur Oliver Jordan, le maître de maison de Dinner at Eight (1933), un vétéran de la Guerre de Secession dans The Stranger’s Return (1933), un employé licencié qui cherche une nouvelle vie dans la boulangerie dans Looking Forward (1933), et le vieux marin Billy Bones dans Treasure Island (1934).
Le patriarche assis
Mais à partir de 1937, handicapé par l’arthrite, Lionel Barrymore joue la plupart du temps assis, ou marchant avec des béquilles. Mais il continue à incarner les vieux messieurs grincheux mais au cœur d’or, comme dans You can’t take it with you (1938) de Capra ou Key Largo (1948), avec occasionnellement des rôles plus antipathiques comme le banquier Potter dans It’s a Wonderful Life [La Vie est Belle] (1946), également de Capra. Il apparaît aussi tous les ans à la radio en Scrooge dans A Christmas Carol, participe à d’autres feuilletons et anime des talk-shows, tout en pratiquant la musique (il produit des compositions pour piano) et la peinture.