1888-1985
Italie
Actrice

De son vrai nom Elena Vitiello, et fille d’une comédienne toscane, Francesca Bertini naît à Florence en 1888. Elle est adoptée par un homme de théâtre napolitain et passe son enfance à Naples. Très tôt, elle joue sur scène dans les comédies napolitaines, et même au cinéma avec La Dea del Mare (1907). Elle obtient son premier rôle important en 1910 avec Il Trovatore réalisé par le Français Louis Gasnier, et tourne plusieurs adaptations de Shakespeare pour Gerolamo Lo Savio, comme Romeo e Giulietta (1912). Francesca part alors pour la capitale, et joue en 1914 le rôle principal dans Histoire d’un Pierrot, puis celui de L’Amazzone masquerata, tous deux sous la direction de Baldassarre Negroni pour la Cines. Puis elle joue une princesse que le divorce plonge dans la déchéance dans Sangue Bleu (1914), le premier film de Nino Oxilia.
Assunta Spina

L’année suivante elle incarne le rôle-titre de Nelly la Gigolette d’Emilio Ghione. Francesca Bertini passe alors à la Caesar, et en seulement deux ans arrive au sommet de la notoriété. Elle connaît d’emblée son succès le plus éclatant dans Assunta Spina (1915), film « napolitain » dirigé par Gustavo Serena d’après la pièce de Salvatore Di Giacomo. Dans ce film, elle ne se contente pas de jouer, elle veut également tenir un rôle primordial dans la réalisation du film. « En dialecte napolitain parfait, elle organisait, commandait, déplaçait les acteurs, les points de vue, l’angle de la caméra; et si elle n’était pas convaincue d’une scène, elle exigeait qu’elle soit refaite. » (G. Serena).
La première diva
Elle retrouve Serena dans plusieurs autres films, comme Diana, l’Affascinatrice (1915). Le charme qui émane de sa silhouette mince, de ses cheveux de jais et de son regard intense ne tarde pas à lui faire dépasser le type de la « beauté du Sud » pour incarner de grands personnages littéraires universels. Elle est ainsi La Signora dalle Camelie [La Dame aux Camélias] (1915) pour Gustavo Serena, Fedora (1916) pour Serena et Giuseppe de Liguoro, ou La Tosca (1918) pour Alfredo de Antoni. Sa beauté remarquable et sa présence dans les rôles dramatiques en font le premier exemple de la diva au cinéma. Francesca Bertini incarne le personnage de femme passionnée, absolue, déchirante, alors à la mode.
Son producteur a alors l’idée de lui faire tourner dans une série de sept films d’après Eugène Sue, I Sette Peccati Capitali [Les Sept Péchés Capitaux], où la diva peut exprimer toute la gamme des passions. La série sort en 1918-1919 mais n’a pas le succès commercial escompté. Victime d’une dépression, elle se repose un temps dans une clinique. Découvrant alors de nouvelles méthodes de travail venues de Turin, elle décide de tourner un film avec un réalisateur turinois : Anima Allegra (1919) de Roberto Roberti, qui obtient un bon succès auprès du public.

Fin de carrière
Francesca Bertini, au sommet de sa gloire, épouse en septembre 1921 le comte suisse Paul Cartier. Après son mariage, ses rôles au cinéma se font plus rares. Elle tourne encore La Donna Nuda [La Femme Nue] (1922) de Roberti, où elle est modèle pour un peintre. Puis elle joue dans quatre films en France dont La Fin de Monte-Carlo (1926) d’Henri Etievant et Mario Nalpas. Avec le parlant, elle tourne avec Marcel L’Herbier dans La Femme d’une Nuit (1930), en version française et italienne. Elle ne fait plus ensuite que des apparitions sporadiques, la dernière étant en 1976 en religieuse dans 1900 de Bernardo Bertolucci.