1880-1974
Grande-Bretagne, Etats-Unis
Acteur, réalisateur

Né à Londres dans une famille nombreuse, Donald Crisp étudie à Oxford et sert dans l’armée pendant la guerre des Boers avant d’émigrer aux Etats-Unis en 1906. Remarqué par l’impresario John C. Fisher sur le bateau, il est immédiatement engagé comme chanteur au Grand Opera dès son arrivée à New York. Pendant les tournées il s’intéresse au théâtre, devenant metteur en scène pour George M. Cohan.
Débuts avec D. W. Griffith
C’est à cette époque qu’il rencontre D. W. Griffith, qu’il accompagne à Hollywood en 1912. Il apparaît dans une centaine de films, notamment les deux films perdus de Griffith en 1914, The Battle of the Sexes dans le rôle du père, et The Escape où il est un gangster. On le voit aussi dans Home, Sweet Home (1914) où il est un des deux frères qui s’entretuent. Son rôle le plus marquant de cette époque est cependant celui du général Grant dans Birth of a Nation (1915). Egalement assistant de Griffith, il se forme aux techniques du cinéma avec le maître et devient lui-même réalisateur, à partir de Little Country Mouse (1914) avec Blanche Sweet et At Dawn (1914) avec George Siegmann. Il tourne aussi une des premières versions de Ramona (1916) avec Adda Gleason.

Acteur et réalisateur
Après avoir servi en Angleterre pendant la guerre, il revient à Hollywood où Griffith lui donne son rôle le plus mémorable, celui de Battling Burrows, le père brutal et abusif de Broken Blossoms [Le Lys Brisé] (1919) avec Lillian Gish. Il travaille ensuite chez Famous Players en 1919, où il dirige notamment Johnny Get your Gun [Le Remplaçant] (1919) avec Mary Anderson, Something to do (1920) avec Bryan Wasburn, Held by the Enemy (1920), avec Agnes Ayres. The Barbarian (1921), avec Monroe Salisbury, est situé dans le Grand Nord Canadien.
Puis Zukor lui donne la responsabilité des opérations du studio en Europe. Il tourne ainsi en Ecosse The Bonnie Brier Bush [La Terre qui chante] (1921) sur les coutumes écossaises, dans lequel il joue le rôle principal. De retour à Hollywood, il dirige notamment Buster Keaton dans The Navigator (1924) et Douglas Fairbanks dans Don Q Son of Zorro (1925). Dans ce dernier film il joue également le rival de Fairbanks. Il est à nouveau le partenaire de Fairbanks dans The Black Pirate (1926) dirigé par Albert Parker.
Donald Crisp réalise encore une série de films dans les dernières années du muet, comme Young April (1926), comédie « ruritarienne » avec Bessie Love en orpheline devenue grande-duchesse et Dress Parade (1927), une comédie de collège avec à nouveau Bessie Love. The Fighting Eagle (1927) est un film d’action à l’époque napoléonienne sur les aventures du brigadier Gérard, incarné par Rod La Rocque, Stand and Deliver (1927), avec Rod La Roque et Lupe Velez, voit un vétéran de la Guerre s’enrôler dans l’armée grecque.
En parallèle avec son activité de metteur en scène, il joue le viking Leif Ericsson dans The Viking (1928) de Roy William Neill, un milliardaire voulant se venger de sa femme infidèle dans Trent’s Last Case [L’Affaire Manderson] (1929) de Howard Hawks, et un chrétien fanatique et hypocrite dans The Pagan (1929) de W. S. Van Dyke avec Ramon Novarro.
Le parlant
Donald Crisp réalise un seul film parlant, Runaway Bride (1930) avec Mary Astor, après quoi il redevient uniquement acteur. Il est ainsi un peintre anglais dans Svengali (1931) d’Archie Mayo avec John Barrymore, et le district attorney dans The Crime Doctor [Le Maître du Crime] (1934) de John Robertson. Dans les années 30 et 40, il est aussi à l’aise dans les rôles sympathiques que dans les rôles de méchants : un membre de l’équipage de Mutiny on the Bounty (1935) de Frank Lloyd, le docteur Kenneth dans Wuthering Heights (1939), et surtout le père taciturne mais aimant de How Green Was My Valley (1941) de John Ford, qui lui vaut l’Oscar du Second Rôle.
Crisp est en même temps une des personnalités les plus influentes d’Hollywood en tant que conseiller de la Bank of America, un des principaux bailleurs de fonds du cinéma. Il continue à tourner pour le plaisir jusque dans les années 60.