Barrymore (John)

1882-1942

Etats-Unis

Acteur

Le plus jeune des « fabuleux Barrymore », John commence par travailler comme dessinateur dans un journal de New York avant de succomber au tout début du vingtième siècle à l’appel de la scène, où ses talents artistiques considérables peuvent enfin s’épanouir. Comme son frère Lionel et sa sœur Ethel , il devient vite une des légendes du théâtre, notamment avec ses interprétations de Richard III et d’Hamlet.

Triomphe au cinéma

Contrairement à d’autres vedettes du théâtre, Barrymore est vite attiré par le cinéma, faisant ses débuts probablement en 1912 dans des cours métrages de la Lubin. Son premier rôle attesté (par des photos de plateau) est dans An American Citizen en 1914. Dans les années suivantes, il enchaîne les comédies avec des rôles de jeune Américain dynamique, à la manière de Fairbanks à la même époque, dans des films malheureusement perdus : The Dictator (1915), Nearly a King (1916), The Lost Bridegroom (1916).

A partir de Raffles the Amateur Cracksman (1917), où il est un séduisant gentleman cambrioleur, son style de jeu flamboyant et parfaitement adapté à l’écran, le fait évoluer vers les jeunes premiers romantiques et dans les rôles de composition.

dans Sherlock Holmes, 1922

Il enchaîne alors les personnages forts et charismatiques, souvent dans les rôles-titres. Dans The Test of Honor (1920) il est un prisonnier injustement condamné cherchant à se venger, et dans Dr Jekyll et Mr. Hyde (1920), son portrait de Hyde est caractéristique de son affinité pour les personnages à la libido déchaînée. Il est un explorateur cherchant le bonheur sur une île perdue du Pacifique dans The Lotus Eater (1921), le célèbre détective dans Sherlock Holmes (1922) et un célèbre dandy dans Beau Brummel (1924). C’est alors qu’il gagne le surnom de « The Great Profile ».

Le séducteur

Ses qualités de séducteur sont légendaires, et il séduit ainsi Mary Astor sous les yeux de sa mère pendant le tournage de Beau Brummel. En plus d’innombrables liaisons, il épouse successivement la poétesse Michael Strange, l’actrice Dolores Costello et le modèle Elaine Barrie.

avec Mary Astor dans Don Juan, 1926

Dans The Sea Beast (1926), il incarne le capitaine Achab, personnage qu’il retrouvera en 1930 dans le parlant Moby Dick. Avec Don Juan (1926) il est le séducteur archétypal dans ce film utilisant le système Vitaphone pour des effets sonores synchronisés, et dans The Beloved Rogue (1927) il incarne un François Villon devenu une sorte de Robin des Bois. Avec When a Man loves (1927) il est le chevalier des Grieux, l‘amant de Manon Lescaut interprétée par son épouse Dolores Costello. Puis il tourne deux films avec l’allemande Camilla Horn, Tempest (1928) et Eternal Love (1929), ce dernier réalisé par Lubitsch.

Le parlant

Le passage au parlant ne lui pose bien sûr aucun problème, et permet enfin aux spectateurs de cinéma de bénéficier de sa voix sans pareille. Il dit un monologue de Shakespeare dans la revue de Warner Bros The Show of Shows (1929), puis joue pour ce studio dans General Crack, Moby Dick (1930), Svengali et The Mad Genius (1931), ces deux derniers films lui permettant de satisfaire son penchant pour les personnages excentriques et amoraux, et de cacher ses traits sous le maquillage.

En 1932, John est attiré chez MGM, le studio de son frère Lionel, et ils y jouent ensemble dans Arsène Lupin (où John joue le rôle titre) puis dans Grand Hotel d’Edmund Golding et sa constellation de stars menée par Greta Garbo. La même année, John joue dans deux films pour la RKO : State’s Attorney et A Bill of Divorcement (avec la débutante Katharine Hepburn). Il partage ensuite la vedette (pour la seule et unique fois) avec Ethel et Lionel dans Raspoutin and the Empress.

Puis il participe aux films multi-stars Dinner at Eight de George Cukor (où il montre de manière saisissante les derniers moments d’un suicidé) et Night Flight de Clarence Brown d’après Vol de Nuit de Saint-Exupéry (tous deux en 1933). Il interprète le Topaze de Marcel Pagnol dans l’adaptation américaine de la pièce par Harry d’Abbadie d’Arrast. Il triomphe ensuite dans Counsellor at Law, et l’année suivante dans Twentieth Century, dans le rôle d’un producteur de théâtre qui poursuit sa star Carole Lombard.

Fin de carrière

Mais le style de vie hédoniste de Barrymore commence alors à affecter son travail et à gâcher son talent. Certaines scènes lui demandent de nombreuses prises, et nécessitent l’usage de cartons avec son texte. De plus, les années de débauche et de boisson commencent à se voir sur son visage et sa silhouette.

Il joue encore Mercutio dans le Romeo and Juliet de la MGM en 1936, gagnant une nomination aux Oscars, mais commence immédiatement après une descente aux enfers de la série B. Après encore quelques bonnes prestations à la fin des années 30, il termine sa carrière dans l’auto-parodie jusqu’à sa mort prématurée en 1942. Il avait écrit son autobiographie, Confessions of an Actor en 1926.

Sources et ressources

IMDB ; Wikipedia

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