Curtiz (Michael)

1888-1962

Hongrie, Etats-Unis

Réalisateur

Né à Budapest en 1888, dans une famille juive aisée, Mihály Kertész fait des études artistiques à l’Université Markoszy puis à l’Académie royale du théâtre et des arts. Il entre alors au théâtre national hongrois en 1912, comme acteur et metteur en scène. La même année, il débute au cinéma, et réalise Az Utolsó Bohém [Le Dernier Bohémien], le premier long métrage hongrois. En 1913 il part faire un stage à la Nordisk au Danemark et assiste August Blom dans la réalisation de Atlantis.

Débuts en Hongrie

Revenu dans son pays en 1914, Kertesz sert un an dans l’infanterie austro-hongroise avant de reprendre sa carrière cinématographique. Il tourne de nombreux films en Hongrie, parmi lesquels A Tolonc [L’Indésirable], mélodrame sur une fille cherchant sa mère et injustement accusée de vol, avec Victor Varconi. Il réalise aussi une adaptation d’Alraune (1919) aujourd’hui perdue, et une adaptation de La Veuve Joyeuse (1919).

La période viennoise

Kertesz épouse en 1915 l’actrice Lucy Doraine qu’il dirigera dans de nombreux films. Mais quand l’industrie hongroise du cinéma est nationalisée en 1919, il émigre à Vienne où il tourne une vingtaine de films pour Sascha Films. Parmi ces films, les plus célèbres sont les épopées bibliques Sodom und Gomorrha (1922) avec Lucy Doraine et Victor Varconi, qui mêle une histoire moderne avec l’histoire antique à la manière de Cecil B. deMille, et Die Sklavenkönigin [L’Esclave Reine] avec Maria Corda, sur l’esclavage des Juifs en Egypte.

Mais il réalise aussi des mélodrames comme Labyrinth des Grauens [Les Chemins de la Terreur] (1921) avec Lucy Doraine en fille du peuple amoureuse du fils d’un industriel, Die Lawine [L’Avalanche] et Der junge Menardus [Le Jeune Menardus] sur un complot contre Napoléon (tous deux 1923 et avec Victor Varconi).

En Allemagne

Séparé de Lucy Doraine, il passe cette fois en Allemagne et tourne avec sa nouvelle épouse Lili Damita Das Spielzeug von Paris [Célimène, Poupée de Paris] sur les difficultés d’une danseuse mariée, Fiaker Nr 13 [Le Fiacre numéro 13], l’histoire d’un jeune garçon adopté par un conducteur de fiacre, et Der goldene Schmetterling [Le Papillon d’Or] sur une serveuse de restaurant passionnée de danse.

Appelé à Hollywood

Les épopées de Kertesz ont été remarquées par Jack Warner. Rebaptisé Michael Curtiz, il est alors appelé à Hollywood. Après des films mineurs, Warner Bros lui confie la réalisation d’une superproduction biblique, Noah’s Ark [L’Arche de Noé] (1928), destinée à concurrencer Cecil B. DeMille. Avec ce film et plus encore avec Mammy (1930), son premier film sonore et chantant, avec Al Jolson, et Bright Lights (1930), avec Dorothy Mackaill en artiste de music-hall, il se révèle comme un technicien habile qui sait se libérer des contraintes pour atteindre au lyrisme.

Noah’s Ark, 1928

Ses premières œuvres américaines sont encore marquées par le germanisme, mais abordent de nombreux thèmes différents, fantastiques, policiers, drames sociaux. The Mad Genius [Le Génie fou] montre John Barrymore en marionnettiste alcoolique qui prend un jeune garçon sous son aile. The Cabin in the Cotton [Ombres vers le Sud] avec Richard Barthelmess voit les débuts de la jeune Bette Davis, qu’il retrouve dans 20 000 Years in Sing-Sing, où elle est la petite amie du prisonnier Spencer Tracy. Doctor X (1932) est un film d’horreur tempéré par la tonalité comique apportée par Lee Tracy en journaliste. The Mystery of the Wax Museum (1933) est un film d’horreur plus classique avec Lionel Atwill en sculpteur sadique.

The Strange Love of Molly Louvain (1932) avec Ann Dvorak raconte les aventures sentimentales d’une jeune femme abandonnée par son fiancé, The Woman from Monte Carlo (1932) décrit la rivalité amoureuse entre Walter Huston et Warren William autour de l’Allemande Lil Dagover. Female (1933) renverse la situation habituelle avec Ruth Chatterton en femme chef d’entreprise séduisant ses employés. La même année, The Kennel Murder Case est un policier avec William Powell en Philo Vance, et Goodbye Again met en vedette Joan Blondell en secrétaire amoureuse de son patron. En 1934 Curtiz signe un film d’aventures exotiques, Mandalay, avec Kay Francis, et une comédie avec James Cagney, Jimmy the Gent.

Suite de sa carrière

Après avoir révélé Bette Davis, Michael Curtiz transforme le jeune comédien australien Errol Flynn (nouvel époux de Lili Damita) en une véritable figure de légende avec entre autres Captain Blood (1935), The Charge of the Light Brigade (1936), The Adventures of Robin Hood (1938), Dodge City (1939).

Il obtient l’Oscar en 1943 pour Casablanca, où il retrouve Humphrey Bogart, déjà dirigé par lui mais dans des rôles mineurs. En 1945, Curtiz réalise Mildred Pierce, flamboyant mélodrame qui relance la carrière de son interprète Joan Crawford, nouvelle venue dans son univers. Ayant rompu avec la Warner, Michael Curtiz poursuit sa carrière après 1954 en free-lance. Il meurt en 1962, un an après avoir terminé son dernier film Les Comancheros avec John Wayne.

Sources et ressources

IMDB ; Wikipedia

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