1904-1977
Etats-Unis
Actrice

Lucille LeSueur naît à San Antonio, Texas, dans une famille modeste, de parents séparés avant sa naissance. Se passionnant pour la scène et le spectacle dès son plus jeune âge, elle cherche à sortir de la misère grâce à sa passion, la danse. Elle finit par devenir girl dans une troupe de théâtre et se produit sur différentes scènes avant d’arriver à Broadway en 1924. Elle devient alors spécialiste des danses à la mode, le charleston et le black bottom. C’est d’ailleurs en gagnant un concours de danse qu’elle se fait remarquer par un responsable de la Metro-Goldwyn-Mayer, Harry Rapf.
Débuts à la MGM
Après des figurations, elle tourne en 1925 dans Pretty Ladies de Monta Bell, et obtient ses premiers rôles importants avec Old Clothes d’Eddie Cline, où elle trouve le bonheur grâce à ses amis chiffonniers, Max Davidson et Jackie Coogan, et Sally, Irene and Mary d’Edmund Goulding où elle est Irene, une jeune fille rêveuse au destin tragique.

Rebaptisée Joan Crawford, elle tourne alors dans plus de vingt films en quatre ans. Dans Tramp, Tramp, Tramp [Plein les bottes] de Harry Edwards, elle est la femme idéale dont rêve Harry Langdon. Dans The Boob [Le Balourd] (1926) de William Wellman, elle est un agent du FBI, tandis que dans Winners of the Wilderness [Les Ecumeurs du Sud] (1927) de W. S. Van Dyke, elle est la fille d’un officier français de la Nouvelle France. Elle séduit le bootlegger John Gilbert dans Twelve Miles Out [Le Bateau Ivre] de Jack Conway, et le champion de golf William Haines dans Spring Fever (1927) d’Edward Sedgwick.

Dans The Unknown [L’Inconnu] (1927) de Tod Browning, elle a une phobie des bras des hommes qui pousse Lon Chaney à se faire amputer, en vain. Dans Dream of Love (1928) de Fred Niblo, elle est une gitane qui séduit le prince Nils Asther, dans West Point (1928) d’Edward Sedgwick, elle retrouve William Haines, cette fois élève officier, et dans Across to Singapore [Un soir à Singapour] de William Nigh, elle est l’enjeu de la rivalité entre deux frères, Ramon Novarro et Ernst Torrence. Joan est ambitieuse et impatiente de réussir, mais sa carrière progresse moins vite que celle de sa grande rivale à la MGM, Norma Shearer.
La star

Joan Crawford trouve enfin le succès et la consécration avec le rôle de Diana Medford dans Our Dancing Daughters (1928) de Harry Beaumont, film emblématique sur l’ère du jazz qui bat alors son plein. Elle y incarne une jeune fille moderne aux cheveux courts, buvant sec et changeant de partenaires masculins avec désinvolture. Elle y gagne ses galons de star et jouera dans les deux suites, Our Modern Maidens (1929) de Jack Conway, et Our Blushing Brides (1930) de Harry Beaumont à nouveau.
La MGM lui crée de toute pièce un personnage, grâce aux esthéticiennes des studios, à des régimes stricts et à un entraînement physique sévère. Elle est confiée aux bons soins du brillant costumier Adrian, qui crée, en 1929, le style Crawford : glamour et sexy. Elle passe alors avec succès l’examen du parlant avec Untamed [Indomptée] de Jack Conway. En juin de cette année Joan épouse Douglas Fairbanks Jr., ce qui lui permet de pénétrer dans les milieux les plus fermés de la haute société hollywoodienne, et en particulier Pickfair, même si Mary Pickford et Douglas Fairbanks n’approuvent pas ce mariage.
Le Pré-code

Quand Norma Shearer, enceinte, doit s’arrêter, Joan Crawford prend sa place dans Paid (1930) de Sam Wood, qui lui ouvre la porte des rôles dramatiques. Puis elle enchaîne avec This Modern Age (1930) de Nick Grinde, où elle est la fille de Pauline Frederick, et Dance, Fools, Dance (1931) de Harry Beaumont, où elle est une intrépide journaliste qui vient à bout du gangster Clark Gable. Dans Letty Lynton (1932) de Clarence Brown, elle est une femme du monde qui devient une criminelle.
Elle gagne alors autant d’argent que ses deux rivales de la MGM Shearer et Garbo. Son jeu égale celui de cette dernière dans le film d’Edmund Goulding de 1932, Grand Hôtel. Elle reprend avec Rain (1932) de Lewis Milestone le rôle de la prostituée incarnée par Gloria Swanson dans Sadie Thompson.
Au moment de la Grande Dépression des années 1930, Joan Crawford incarne dans une série de films, des personnages avec lesquels les spectatrices peuvent s’identifier : jeunes vendeuses ou employées faisant leur chemin dans la vie malgré les difficultés et qui atteignent parfois un niveau social élevé en reniant leurs origines modestes. C’est le cas dans des films comme : Possessed [Fascination] de Clarence Brown avec Clark Gable, qui est cette fois son amant et Dancing Lady (1933) de Robert Z. Leonard. Et aussi dans deux autres films de Clarence Brown en 1934, Chained, avec de nouveau Clark Gable, Sadie McKey (1934) avec Franchot Tone, et dans Forsaking all Others de W. S. Van Dyke, avec Robert Montgomery et Clark Gable. Un peu plus tard elle trouve un de ses meilleurs rôles dans Mannequin (1937) de Frank Borzage avec Spencer Tracy.
Des hauts et des bas
Dans cette période, elle forme avec Clark Gable, le couple idéal et explosif de la MGM. Ils jouent ensemble dans huit films de tous genres : mélodrame, drame sentimental, film musical, comédies légères, film d’aventure. Ayant divorcé de Douglas Fairbanks Jr. En 1933, elle épouse Franchot Tone en 1935, qu’elle impose dans plusieurs de ses films.
Mais l’actrice a du mal à se renouveler. Malgré quelques essais, elle est mal à l’aise dans la screwball comedy et trop moderne pour les films à costumes. Women de George Cukor, en 1939, lui rend, pour un moment, la confiance de son public. Composé d’un casting uniquement féminin, le film la confronte, pour la dernière fois, à Norma Shearer. Mais les films suivants sont des échecs et sa carrière à la MGM s’effondre. En 1943, elle quitte la compagnie où elle a passé 18 ans.

Sa carrière est relancée à la Warner avec Mildred Pierce (1945) de Michael Curtiz, succès critique et public qui lui vaut l’Oscar de la meilleure actrice. Sa carrière redémarre avec des films comme Humoresque de Jean Negulesco, ou Flamingo Road de Michael Curtiz. En 1952, Joan revient triomphalement à la MGM pour tourner l’année suivante Johnny Guitar, western baroque et flamboyant de Nicholas Ray. Avec l’âge, les rôles se font plus rares. En 1962 elle est confrontée pour la première fois à son ancienne rivale de la Warner, Bette Davis dans What Ever Happened to Baby Jane ? de Robert Aldrich, et la rencontre vire à un véritable affrontement. Mais le film est un succès et redonne aux deux stars une renommée internationale.
Fin de carrière
Elle travaille ensuite beaucoup pour la télévision, et met un terme à sa carrière en 1970. Elle avait épousé le PDG de Pepsi-Cola, Alfred N. Steele en 1955. Il lui lègue la société à sa mort en 59 et elle s’installe au comité de direction de la multinationale pendant quinze ans. Ne pouvant pas avoir d’enfants, l’actrice a adopté trois filles et un garçon. Christina publie en 1979, après la mort de sa mère, la biographie Mummy Dearest, très critique sur sa manière d’éduquer ses enfants, qui fera l’objet d’une adaptation avec Faye Dunaway dans le rôle de Joan Crawford.