1897-1991
Italie, Etats-Unis
Réalisateur

Né en Sicile dans une famille de paysans pauvres, Frank Capra émigre en Amérique avec une partie de sa famille qui s’installe en 1903 à Los Angeles. Il fait des études d’ingénieur chimiste à Pasadena. Après trois années de vie de bohème il décide en 1921 de rejoindre l’industrie cinématographique. Il porte alors à l’écran un poème de Rudyard Kipling, puis entre comme gagman chez Hal Roach puis chez Mack Sennett.
Débuts avec Harry Langdon
On lui demande alors d’écrire pour la nouvelle vedette du studio, Harry Langdon. D’abord sceptique, Capra développe le personnage de pierrot lunaire de Langdon, en tant que scénariste, coréalisateur non crédité dans Tramp, Tramp, Tramp (1926), puis comme réalisateur avec The Strong Man (1926) et Long Pants l’année suivante. Mais le succès de ces films provoque une brouille entre la star et son metteur en scène. Ce dernier est renvoyé, et part pour New York où il réalise For the Love of Mike avec la jeune Claudette Colbert.
A la Columbia
Revenu à Hollywood, Capra est embauché en 1928 par Harry Cohn à la Columbia, alors un modeste studio. Il écrit et réalise That Certain Thing (1928) avec peu de moyens mais avec Viola Dana. Puis il signe un contrat pour deux films, So this is Love avec Shirley Mason, et The Matinee Idol [Bessie à Broadway] avec Bessie Love. La même année il réalise Say it with Sables, histoire de rivalité père/fils avec Francis Bushman et Margaret Livingston.
Puis Frank Capra remplace un réalisateur et sauve Submarine [L’Epave] (1928) premier film à gros budget de la Columbia, histoire d’amitié et de sauvetage entre Jack Holt et Ralph Graves. Il aborde encore le film de gangsters avec The Way of the Strong (1928), et pour la première fois met en scène des journalistes dans The Power of the Press (1929) avec Douglas Fairbanks jr en journaliste débutant.
Le parlant
Avec le parlant, Frank Capra, ingénieur de formation, continue activement à contribuer à l’essor du studio avec des sujets aussi variés que l’assimilation des juifs dans The Younger Generation [Loin du Ghetto], partiellement parlant (1929), une affaire de meurtre dans The Donovan Affair (1929) avec Jack Holt, l’armée de l’air dans Flight (1929), les expéditions polaires avec Dirigible (1931), ces deux derniers avec Jack Holt et Ralph Graves.
Il traite aussi des sujets de société comme les « party girls » dans Ladies of Leisure (1930), les évangélistes dans The Miracle Woman (1931), ces deux derniers avec Barbara Stanwyck, la presse à scandales dans Platinum Blonde (1931), avec Jean Harlow, les banques avec American Madness [La Ruée] (1932) avec Walter Huston, et même les relations interraciales avec The Bitter Tea of General Yen [La Grande Muraille], censuré dans de nombreux pays, avec Barbara Stanwyck et… Nils Asther en général chinois .

Avec Forbidden (1932) avec Barbara Stanwyck Frank Capra signe un superbe mélodrame sur le sacrifice d’une femme pour l’homme qu’elle aime. La comédie sentimentale Lady for a Day (1933) l’amène au premier rang des réalisateurs, et It Happened One Night [New York-Miami] (1934), avec Claudette Colbert et Clark Gable, lui apporte la consécration avec 5 Oscars.
Suite de sa carrière
Dans les quatre années qui suivent il remporte encore deux Oscars du meilleur réalisateur pour Mr. Deeds Goes to Town (1936), and You Can’t Take It With You (1938), également meilleur film. Cette série de succès est liée à sa collaboration avec le scénariste Robert Riskin, avec qui il crée le personnage du petit homme au cœur pur qui parvient faire échec aux hommes d’affaires véreux et aux politiciens cyniques.
Après une adaptation de Lost Horizon (1937) et un nouveau chef d’œuvre de la veine humaniste, Mr. Smith Goes to Washington (1939), Capra quitte la Columbia pour Warner Bros, où il réalise deux films, Meet John Doe, le plus sombre de ses films avec un « petit homme », et la comédie noire Arsenic and Old Lace. Entre 1942 et 1948 Capra réalise ou co-réalise huit documentaires pour le ministère de la guerre dans le cadre de la série documentaire Why we fight [Pourquoi nous combattons], qui remporte un Oscar.
Après la guerre, désireux de s’affranchir des studios hollywoodiens, Capra fonde avec George Stevens et William Wyler une compagnie indépendante, la Liberty Films, avec laquelle il réalise en 1946 It’s a Wonderful Life [La Vie est Belle] avec James Stewart. Le film est ignoré lors de sa sortie, mais deviendra ensuite un grand classique, qui tout en glorifiant les valeurs américaines, critique la vie provinciale.
Sa carrière déclinant, il publie son autobiographie, The Name Above the Title : An Autobiography, en 1971.