1885-1948
Belgique, France
Réalisateur

Jacques Feyder, issu d’une grande famille d’industriels belges, travaille dans la fonderie familiale de Liège après une brève carrière militaire. Passionné de théâtre et de littérature, il rompt avec sa famille et part tenter sa chance à Paris où il débute au théâtre en 1908. Il est figurant dans plusieurs films, notamment dans Cendrillon ou la pantoufle mystérieuse (1912) de Georges Méliès où il est le Prince.
Réalisateur chez Gaumont
Désirant passer à la réalisation, il devient chez Gaumont l’assistant de Gaston Ravel de 1912 à 1915, et achève seul M. Pinson, Policier. Puis il réalise une parodie des Mystères de New York, Le Pied qui étreint (1916), avec Musidora qui reprend son rôle d’Irma Vep. Il réalise plusieurs courts métrages comiques ou dramatiques avec en vedette, France Dhélia, Marie-Louise Iribe et Françoise Rosay qu’il épouse en juillet 1917. Après avoir servi un temps dans l’armée belge, il reprend son travail chez Gaumont en 1918 et tourne La Faute d’Orthographe. Il quitte Gaumont après l’insuccès de ce court métrage.
Les grands films des années 20
Jacques Feyder se lance alors seul, avec l’aide de son cousin banquier et de la SCAGL, dans l’adaptation de L’Atlantide (1921) de Pierre Benoit. Il écrit le scénario, engage Stacia Napierkowska pour incarner Antinea, et part tourner au Maroc. Le film est un succès critique et public retentissant. Il peut ainsi l’année suivante mener son projet suivant, l’adaptation de Crainquebille d’Anatole France, avec l’acteur vieillissant Maurice de Féraudy en vendeur des quatre-saisons, et le jeune Jean Forest.
En Suisse, dans la région montagneuse du Valais, il tourne Visages d’Enfants avec à nouveau Jean Forest, et des effets de montage inspirés de Gance et Griffith. Des problèmes financiers repoussent la sortie du film à 1925. Il est encensé par la critique mais boudé par le public. Entre temps il a tourné avec Arlette Marchal L’Image (1923) en Autriche, sur une idée de Jules Romains.
Sous contrat avec Albatros, Feyder tourne alors Gribiche (1926) avec Françoise Rosay en riche américaine s’entichant d’un jeune garçon pauvre (Jean Forest). Il poursuit ensuite ses adaptations littéraires : Carmen (1926) avec Raquel Meller et Thérèse Raquin (1928) avec Gina Manès, malheureusement perdu. Après sa naturalisation française, le tournage des Nouveaux Messieurs (1929) avec Gaby Morlay et Albert Préjean fait scandale pour irrespect présumé envers les députés. Il signe alors avec la Metro-Goldwyn-Mayer et part pour Hollywood.
Incursion à Hollywood et retour en France
Aux USA, il dirige en 1929 son dernier film muet The Kiss [Le Baiser] avec Greta Garbo, actrice qu’il retrouve pour les versions allemande et suédoise d’Anna Christie (1930). Il travaille avec Ramon Novarro pour Daybreak [L’Aube] et Son of India [Fils de Radjah] en 1931 avant de revenir en Europe. Il tourne alors quatre films avec son épouse Françoise Rosay en vedette, à commencer par Le Grand Jeu (1934), avec Pierre Richard-Wilm en légionnaire. Ce sera ensuite Pension Mimosas (1935), La Kermesse Héroïque (1935) et Les Gens du Voyage (1938). En 1946, gravement malade, il abandonne le tournage de Macadam avec Simone Signoret dans son premier grand rôle. Marcel Blistène termine le film. Jacques Feyder s’éteint en 1948, en Suisse.