1880-1946
Etats-Unis
Acteur

Le jeune William Dukenfield quitte rapidement l’école pour aider son père, émigrant anglais et marchand ambulant de fruits et légumes à Philadelphie. Après d’autres petits emplois, il devient un habile joueur de billard et développe ses capacités de jongleur. À 11 ans, il se fait engager dans un parc d’attraction de banlieue. Durant l’été de cette année 1891, il décroche un engagement à Atlantic City dans une salle de spectacles. Pour diversifier ses tours de jongleur, il imagine de feindre des ratés et d’ajouter des mouvements qui semblent accidentels. C’est alors qu’il adopte son nom de scène définitif : W. C. Fields.
Tournées de vaudeville
En 1899 il intègre une troupe de vaudeville et fait des tournées à travers le pays. C’est durant cette période qu’il épouse Harriet Hughes, membre de la troupe, dont il fait son assistante. En 1901, ils réalisent leur première tournée en Europe et se produisent aux Folies Bergère et à Buckingham Palace pour le roi Édouard VII. En 1904 naît leur fils Claude Fields, mais les longues absences de William amènent la séparation du couple.
Débuts au cinéma
En 1915 W. C. Fields se fixe à New York et participe jusqu’en 1921 aux Ziegfeld Follies, non comme jongleur mais comme fantaisiste. Il monte des gags autour du billard et met au point son personnage. Cette même année 1915, il débute au cinéma dans un court-métrage produit par Gaumont, Pool Sharks d’Edwin Middleton, participant également à l’élaboration du scénario. Son activité au théâtre l’empêche de jouer au cinéma jusqu’à un petit rôle dans Janice Meredith (1924) de E. Mason Hopper.
En 1924 W. C. Fields joue pendant un an dans la comédie musicale Poppy dont sera tirée l’année suivante une adaptation au cinéma, Sally of the Sawdust, réalisée par D. W. Griffith, et où il reprend son rôle. L’année suivante il joue à nouveau pour Griffith dans That Royle Girl, et tourne ensuite une dizaine de films : So’s your old Man (1926) de Gregory La Cava avec Alice Joyce, It’s the Old Army Game (1927) d’Edward Sutherland avec son amie Louise Brooks, et Running Wild [Dans la Peau d’un Lion] (1927) de La Cava.
Il joue également dans plusieurs films malheureusement perdus, The Potters (1927) de Fred Newmeyer et trois films où il est associé à Chester Conklin dont Two Flaming Youths (1927) de John Waters. Dans tous ces films il arbore une petite moustache, dont il se débarrassera au début du parlant.
Le parlant
Fields tourne son premier parlant en 1930, The Golf Specialist de Monte Brice, d’après un de ses sketchs des Follies, et révèle au public sa voix caractéristique. L’année suivante, avec le déclin du vaudeville, il s’installe près de Hollywood. Mack Sennett l’engage et tourne avec lui quatre courts-métrages reprenant certains de ses numéros les plus classiques : The Dentist (1932), The Barber Shop, The Pharmacist et The Fatal Glass of Beer (1933).
Engagé à la Paramount, il y incarne l’exterminateur de chauffards dans le sketch de Norman Z. McLeod dans If I Had a Million (1932). Puis il est le roi de Klopstokia dans le classique de l’absurde Million Dollars Legs (1932) d’Edward Cline, un professeur farfelu dans International House (1933) de Sutherland, et Humpty-Dumpty dans le Alice in Wonderland (1933) de McLeod.

Puis il joue en vedette dans une série de films comiques largement inspirés de ses succès des années 20, dont You’re telling me (1934) d’Erle C. Kenton, The Old-Fashioned Way (1934) de William Beaudine, et It’s a Gift (1934) de McLeod, sans doute son meilleur film. En 1935 il interprète pour la MGM le rôle de Mr. Micawber dans David Copperfield de George Cukor.
Déjà depuis quelque temps, Fields, par son humour grinçant, son anti-conformisme et son alcoolisme chronique, fait naître envers lui des animosités au sein de la Paramount. En 1936, gravement malade, il doit arrêter de tourner pendant un an, mais son contrat, arrivant à échéance, n’est pas renouvelé. Il se tourne alors un moment vers la radio et participe à des shows spontanés qui, à sa surprise, le rendent à nouveau célèbre.
Alcoolisme et fin de carrière
Pour son retour au cinéma dans You Can’t Cheat an Honest Man, en 1939, il signe chez Universal. Il joue alors dans des films qui exploitent le plus souvent son personnage, comme My Little Chickadee avec Mae West, The Bank Dick (1940) ou Never Give a Sucker an Even Break (1941), chefs d’œuvre d’humour absurde. Mais malgré les avertissements de son médecin W. C. Fields persiste dans sa consommation exagérée d’alcools, de gin en particulier. Il n’apparaît plus que sporadiquement jusqu’à devoir intégrer un sanatorium en 1945. Il meurt le jour de Noël 1946.