1880-1943
France
Acteur

Né à Paris de parents alsaciens, Henri Baur se passionne pour le théâtre. Il suit des cours de comédie au Conservatoire de Marseille, où il était allé étudier l’hydrologie. Il change son prénom en Harry, décroche de premiers engagements à Marseille, puis à partir de 1904 dans différents théâtres parisiens.
Débuts au cinéma
Harry Baur débute parallèlement au cinéma en 1908, et joue notamment dans L’Assommoir (1908) de Capellani, dans Don César de Bazan (1909) et La Légende du Bon Chevalier (1909) de Victorien Jasset et dans Shylock, le Marchand de Venise (1913) de Henri Desfontaines.
Mobilisé en 1914, Harry Baur est atteint de paralysie faciale suite à une fièvre typhoïde et réformé. Il reprend alors le théâtre et enchaîne les succès, créant notamment Fanny de Marcel Pagnol en 1931. Au cinéma, il est le partenaire de Sarah Bernhardt dans La Voyante (1923) de Louis Mercanton.
Le parlant
Mais c’est avec le parlant qu’il devient véritablement une vedette, avec David Golder (1930) de Julien Duvivier, où il incarne magnifiquement un banquier juif trahi. Il tourne alors beaucoup pour le cinéma dans les années 30, imposant son immense talent et sa forte personnalité dans un registre voisin de celui de Raimu. Parmi ses rôles les plus marquants on peut citer l’inspecteur Maigret dans La Tête d’un Homme, Mr Lepic dans Poil de Carotte, tous deux de Julien Duvivier en 1932, Jean Valjean dans Les Misérables de Raymond Bernard (1934), le riche débauché qui veut épouser Annabella dans Les Nuits Moscovites (1934). Il est aussi le juge Porphyre dans Crime et Châtiment de Pierre Chenal (1935), Beethoven dans Un Grand Amour de Beethoven d’Abel Gance (1936) et le rôle-titre de Volpone de Maurice Tourneur (1940).
En 1942, Harry Baur part à Berlin pour jouer dans Symphonie eines Lebens de Hans Bertram, aux côtés de Henny Porten. A son retour, il est dénoncé (à tort) comme juif et communiste. Arrêté par la Gestapo, il est torturé à la prison du Cherche-Midi. Relâché au bout de quelques mois mais malade et terriblement amaigri, il meurt chez lui en avril 1943.