1905-1983
Mexique, Etats-Unis
Actrice

Dolores Del Rio est d’abord dans les années 20 et 30 une star à Hollywood, où sa beauté fait d’elle une sorte d’équivalent féminin de Rudolph Valentino. Et dans les deux décennies suivantes elle est une des principales figures de l’âge d’or du cinéma mexicain.
Débuts à Hollywood
Née dans une famille aristocratique mexicaine de Durango, petite cousine de Ramon Novarro, Dolores Martínez Asúnsolo y López est la fille d’un banquier ruiné par la révolution de Pancho Villa. Après des études au Collège Français de Mexico, elle prend des cours de danse, et épouse à 16 ans l’écrivain Jaime Del Rio. Elle gardera son nom après son divorce. Après un long séjour en Europe, le couple s’installe à Mexico. C’est là qu’elle est « découverte » dans une réception par le réalisateur Edwin Carewe. Frappé par sa beauté, il lui donne un petit rôle dans son film Joanna (1925). Il la met sous contrat et la dirige à nouveau, en vedette cette fois dans Resurrection (1927) d’après Tolstoï, avec Rod LaRocque.

Le succès arrive alors rapidement, et Dolores Del Rio fait partie des WAMPAS Baby Stars de 1926. Elle obtient des rôles importants dans trois films de Raoul Walsh. Dans What Price Glory ? (1926), elle est la jeune coquette française Charmaine, dans The Loves of Carmen (1927) elle joue le rôle titre, et dans The Red Dance (1928) elle est une héroïne russe.
Dolores Del Rio remplace Renée Adorée, malade, pour l’épopée du Klondyke réalisée par Clarence Brown, The Trail of ’98 (1928). Elle est ensuite une Mexicaine dans Ramona (1928), premier film sonorisé de la United Artists, et une Canadienne dans Evangeline (1929), deux films où elle retrouve Carewe, et Entre temps, Dolores divorce de Jaime, résiste aux avances de son Pygmalion Edwin Carewe, et épouse Cedric Gibbons, directeur artistique à la MGM.
Le parlant

Parlant couramment anglais, elle franchit le cap du parlant avec notamment The Bad One (1930) de George Fitzmaurice. Gravement malade en 1931, elle retrouve les studios l’année suivante et obtient un grand succès avec Bird of Paradise de King Vidor où elle scandalise par une scène de nu aquatique. Elle joue ensuite dans Flying Down to Rio (1933) de Thornton Freeland, le film qui réunit Fred Astaire et Ginger Rogers, Wonder Bar (1934) de Lloyd Bacon avec Al Jonson, et dans Madame Du Barry (1934) de William Dieterle. Mais après son refus de jouer dans Viva Villa ! (qu’elle juge anti-mexicain), son accent marqué la limite aux rôles exotiques où elle est choisie avant tout pour sa beauté.
Star au Mexique
Dolores Del Rio divorce de Gibbons et commence une liaison avec Orson Welles, qui la fait jouer dans Journey Into Fear en 1942. L’année suivante elle retourne au Mexique où sa popularité est immense. Elle y devient la grande star du cinéma mexicain naissant. Elle est notamment l’actrice fétiche d’Emilio Fernandez avec des films comme Maria Candelaria (1944). Dolores ne retourne qu’occasionnellement à Hollywood à la demande de vieux amis comme John Ford comme pour Cheyenne Autumn (1964). L’âge ne diminue pas sa beauté, et en 1960 elle semble bien trop jeune pour jouer la mère d’Elvis Presley dans Flaming Star. Elle se retire finalement du cinéma en 1978 pour se consacrer à la gestion de sa fortune et à ses œuvres.