Dietrich (Marlene)

1901-1992

Allemagne, Etats-Unis

Actrice

Marie Magdalene (abrégé en Marlene) Dietrich naît le 27 décembre 1901 à Berlin-Schöneberg, fille cadette d’un officier prussien qui décède quand elle a 7 ans. Sa mère se remarie avec Eduard von Losch, officier de cavalerie, qui est tué sur le front de l’Est en 1917. Avec sa sœur Elisabeth, elle reçoit une éducation stricte. Marlene cultive ses dons pour la musique et le chant, et étudie le violon avec Robert Reitz. Mais elle doit abandonner l’idée d’y faire carrière à la suite d’une blessure au poignet.

Marlene prend ses premiers cours de théâtre auprès de Max Reinhardt en 1921. En 1922, elle joue ses premiers petits rôles, notamment au Großes Schauspielhaus. Elle joue alors dans des revues comme celles du théâtre Komoedie, aux côtés de la vedette française Margo Lion. En parallèle elle commence à jouer au cinéma, son premier rôle crédité étant Lucy dans Tragödie der Liebe [Tragédie de l’amour] de Joe May. Elle se marie en 1923 avec le régisseur Rudolf Sieber et donne naissance à sa fille Maria Elisabeth Sieber. Elle n’aura pas d’autres enfants, vivra peu avec son mari, et ne se remariera jamais après son divorce, multipliant les liaisons aussi bien masculines que féminines.

Débuts dans le cinéma muet allemand

Après d’autres rôles secondaires dans Manon Lescaut (1926) d’Arthur Robison, et Café Elektric (1927) de Gustav Ucicky, Marlene Dietrich obtient le premier rôle féminin dans ses quatre derniers films muets. Dans Ich kusse Ihre Hand, Madame [Je baise votre Main Madame] (1929) de Robert Land, elle est une jeune femme récemment divorcée aux multiples prétendants. Das Schiff der verlorenen Menschen [Le Navire des Hommes Perdus] (1929) de Maurice Tourneur est un film d’aventures maritimes où elle est recueillie sur un cargo et doit se défendre des assauts de l’équipage.

Dans Die Frau, nach der man sich sehnt [L’Enigme], de Curtis Bernhardt (1929) elle est une femme mystérieuse qui fascine un jeune marié rencontré dans un train. Et dans Gefahren der Brautzeit (1930) de Fred Sauer, elle séduit un baron qui s’avère être un ami de son fiancé. En parallèle elle enregistre ses premières chansons, et les chante dans la revue Es liegt in der Luft [C’est dans l’air] (1928). C’est là qu’elle se fait remarquer par le metteur en scène Josef von Sternberg.

L’Ange Bleu

Der blaue Engel, 1930

Cette rencontre va changer le cours de son existence. Von Sternberg est venu à Berlin pour tourner Der blaue Engel [L’Ange bleu], d’après le roman d’Heinrich Mann Professor Unrat, un des premiers films parlants allemands. Il décide de confier à Marlene le rôle de Lola Lola auprès d’Emil Jannings, la vedette nominale du film (payé 40 fois plus qu’elle !) En 1930, la sortie du film fait de Marlene Dietrich immédiatement une grande star. Les critiques sont unanimes à voir en elle une nouvelle incarnation du sexe, notamment dans la scène mythique où, en bas et porte-jarretelles, elle chante Ich bin von Kopf bis Fuss auf Liebe eingestellt  [Je suis, de la tête aux pieds, faite pour l’amour].

Morocco, 1930

La Paramount recherche à ce moment une vedette européenne pour répondre au mythe de Greta Garbo, lancée par la MGM. Marlene quitte alors l’Allemagne pour les Etats-Unis. Sous la direction de von Sternberg, elle est la vedette de Morocco [Cœurs brûlés], film sur le Légion Etrangère avec Gary Cooper, où elle impose son style androgyne et ambigu dans une scène de cabaret. Elle s’impose immédiatement comme l’une des reines de Hollywood et la grande rivale de Garbo.

Les années Sternberg à Hollywood

dans Shanghai Express, 1932

Sa collaboration avec von Sternberg se poursuit avec Dishonoured [Agent X27] (1931) où elle est une espionne inspirée de Mata-Hari, et Shanghai Express (1932) avec Clive Brook, où elle est une aventurière voyageant en Chine en pleine guerre.

Dans Blonde Venus (1932), avec Herbert Marshall et Cary Grant, elle est tout à la fois une mère de famille, une prostituée et une vedette du cabaret, en particulier dans le numéro où elle commence dans une peau de gorille. On la voit ensuite dans The Song of Songs [Le Cantique des Cantiques] (1933) de Rouben Mamoulian où elle pose pour un sculpteur tombé amoureux d’elle. Elle retrouve alors Joseph von Sternberg pour deux dernières productions, The Scarlet Empress [L’Impératrice rouge] (1934) où elle incarne Catherine de Russie, et The Devil is a Woman [La Femme et le Pantin] (1935) avec Lionel Atwill d’après Pierre Louÿs, qui ne sont pas des succès commerciaux.

Suite de sa carrière

L’actrice retrouve, par la suite, les faveurs du public grâce à Desire (1936), une charmante comédie de Frank Borzage où elle est une sensuelle voleuse de bijoux, et Angel (1937) d’Ernst Lubitsch, où elle hésite entre son mari, Herbert Marshall, et un autre homme, Melvyn Douglas.

Mais ses films de la fin des années 30 sont plus fraîchement accueillis, même si le western Destry Rides Again [Femme ou Démon] de George Marshall (1939), la réinstalle au premier plan. Durant la guerre, Marlene Dietrich, farouchement antinazie, apporte son soutien inconditionnel à la cause alliée. Son attitude courageuse durant ces années lui vaudra plus tard la Légion d’Honneur française ainsi que la Médaille de la Liberté américaine.

Après la fin du conflit, Marlene Dietrich revient au cinéma en France, dans Martin Roumagnac (1946) de Georges Lacombe, en compagnie de son amant de l’époque Jean Gabin, puis retourne dans l’univers hollywoodien et y tourne encore plusieurs films. Dans A Foreign Affaire [La Scandaleuse de Berlin] (1948) de Billy Wilder, elle accepte d’incarner une nazie.

Après Stage Fright (1950) d’Alfred Hitchcock et Rancho Notorious (1951) de Fritz Lang, elle décide de remonter sur les planches en 1953 et devient une show-woman accomplie. Elle réapparaît dans Judgement at Nuremberg (1961) de Stanley Kramer, mais c’est à la scène qu’elle consacre le maximum de son temps. Elle perpétue sa légende, en donnant des récitals, jusqu’en 1975 et fait une dernière apparition à l’écran, dans le film allemand Gigolo (1978) de David Hemmings.

Marlene Dietrich meurt à Paris dans son appartement de l’Avenue Montaigne en 1992, l’année où l’affiche du festival de Cannes représentait son portrait dans Shanghai Express.

Sources et ressources

IMDB ; Wikipedia

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