1900-1979
France, Etats-Unis
Réalisateur

Orphelin très jeune, Robert Florey est élevé en Suisse. À son retour à Paris, en 1920, il collabore à plusieurs magazines de cinéma, dont Cinémagazine et La Cinématographie française. Alors qu’il est à Nice pour interviewer Louis Feuillade, celui-ci l’engage comme régisseur de L’Orpheline. Avec sa longue silhouette dégingandée et son éternel sourire, il apparaît ensuite dans vingt-cinq courts métrages de Feuillade.
Débuts à Hollywood
Parti en 1921 à Hollywood comme envoyé spécial de Cinémagazine, il s’y installe et devient tour à tour gagman pour la Fox, directeur de la publicité pour le couple Fairbanks-Pickford, ami intime et publiciste de Rudolph Valentino et interviewer de toutes les grandes stars hollywoodiennes. Ses rencontres lui fourniront la matière de nombreux articles qui deviendront ensuite des livres tels que Deux ans dans les studios américains (1924).
En 1927, après avoir été l’assistant de King Vidor et de Josef von Stenberg à la MGM, Florey réalise ses premiers courts métrages dont le côté poétique et même surréaliste surprend comme dans The Life and Death of 9413, a Hollywood Extra (1928) sur un figurant rêvant d’être une vedette mais qui ne sera qu’un matricule à Hollywood et au ciel, et The Love of Zero (1927) dans la même veine. Engagé ensuite par Paramount, il est envoyé aux Studios de Long Island pour réaliser les premiers essais parlants et chantants des stars de la compagnie.
Premiers succès
Dans la foulée, il reçoit la «mission impossible» de diriger Groucho Marx et ses frères dans leur premier film Coconuts (1929). Ces fantaisistes iconoclastes apprécieront ce jeune réalisateur français de tout juste vingt-neuf ans, curieux, inventif, et à l’humour malicieux. Fin 1929, Robert Florey retrouve la France pour tourner en particulier Le Blanc et le Noir (1931) avec Raimu, adapté d’une pièce de Sacha Guitry.
Revenu à Hollywood et désireux de mettre en scène un film d’horreur, Robert Florey travaille à l’adaptation de Frankenstein de Mary Shelley mais c’est finalement James Whale qui en assure la réalisation. À titre de compensation, Universal lui demande d’adapter à l’écran une nouvelle d’Edgar Poe, Murders in the Rue Morgue [Double Assassinat Rue Morgue] (1932). Avec l’aide du chef opérateur Karl Freund il élabore des décors représentant le Paris du 19ème siècle en s’inspirant des films expressionnistes allemands.
Il dirige ensuite Bette Davis dans Ex-Lady, Kay Francis dans The House on 56th Street et Glenda Farrell et Mary Brian dans Girl Missing (tous trois en 1933). L’année suivante Smarty lui permet de mettre en valeur le tempérament de Joan Blondell.
Suite de sa carrière
A la fin des années 30, Robert Florey tourne pour Paramount plusieurs films avec Anna May Wong, dont le thriller Daughter of Shanghai (1937). Sa filmographie extrêmement variée comprend aussi des classiques de l’horreur comme The Beast with five Fingers (1946), des films noirs comme The Crooked Way (1949) et même un Tarzan, Tarzan and the Mermaids (1948).
À partir des années cinquante Robert Florey se tourne vers la télévision, filmant notamment le Loretta Young Show. Puis il se consacre à l’écriture de ses souvenirs, La lanterne magique (1966) et Hollywood année zéro (1972).