1908-1989
Etats-Unis
Actrice

Une des plus grandes stars d’Hollywood, Bette Davis s’est imposée par sa forte personnalité et son talent artistique exprimé dans une centaine de films.
Ruth Elizabeth Davis, (qui prend le prénom de Bette en référence à La Cousine Bette de Balzac) grandit dans la banlieue de Boston avec sa mère Ruth, photographe, séparée de son mari en 1915. Elle fait ses débuts sur les planches pendant ses études à la Cushing Academy d’Ashburnham, puis prend des cours de danse avec Martha Graham et des cours de théâtre à New York. En 1928, elle fait partie d’une troupe dirigée par George Cukor et joue différentes pièces sous sa mise en scène avant de débuter à Broadway dans Broken Dishes.
Débuts au cinéma

Remarquée au théâtre par Universal Pictures, elle y tourne son premier film, Bad Sister (1931) de Hobart Henley. Mais le succès ne vient pas malgré des seconds rôles dans Waterloo Bridge (1931) de James Whale, So Big (1932) de William A. Wellman ou The Rich are always with us (1932) d’Alfred E. Green, et elle retourne au théâtre. C’est alors que la Warner lui propose d’être la partenaire de George Arliss dans The Man who Played God (1932) de John Adolfi, et suite à ce film lui fait signer un contrat qui durera 16 ans, pendant lesquelles l’actrice devra lutter quotidiennement pour obtenir de bons rôles dans une firme spécialisée dans les films de gangsters privilégiant les personnages masculins.
La star de la Warner

Pourtant, Bette Davis n’arrête plus de tourner, et en 1932 on la voit en belle du Sud avec Richard Barthelmess dans Cabin in the Cotton [Ombres vers le Sud] de Michael Curtiz. La même année elle est l’assistante du politicien Warren William dans The Dark Horse d’Alfred E. Green, joue avec Spencer Tracy dans 20,000 Years in Sing Sing de Michael Curtiz, et elle est une des trois jeunes femmes de Three on a Match de Mervyn LeRoy. En 1933 on la voit en épouse meurtrière dans Bureau of Missing Persons de Roy Del Ruth, en féministe craignant le mariage dans Ex-Lady de Robert Florey, et elle retrouve George Arliss dans The Working Man de George Adolfi.

Elle donne la réplique à James Cagney dans Jimmy the Gent (1934), une comédie de Michael Curtiz, et la même année obtient le le rôle de Mildred Rogers dans Of Human Bondage [L’Emprise] de John Cromwell, pour lequel elle est prêtée à RKO. Bette Davis connaît un grand succès critique mais le film est un échec commercial. Elle est alors consacrée dans Dangerous [L’Intruse] (1936) d’Alfred E. Green pour lequel elle décroche son premier Oscar de la meilleure actrice, puis joue dans The Petrified Forest d’Archie Mayo auprès d’Humphrey Bogart.
Un conflit et des grands rôles
Mais Bette Davis entre alors en conflit avec ses producteurs. Elle claque la porte de la Warner et quitte Hollywood pour Londres. Après un procès qu’elle perd, elle retourne cependant à la Warner où elle obtient des scénarios de meilleure qualité. Après avoir refusé le rôle de Scarlett O’Hara, elle obtient un rôle similaire dans Jezabel [L’Insoumise] (1938) de William Wyler qui lui vaut un deuxième Oscar. Bette donne alors le meilleur d’elle-même dans les grands mélodrames, comme le bouleversant Dark Victory [Victoire sur la Nuit] (1939) d’Edmund Goulding, des films historiques et des mélos qui la propulsent en tête du box-office.
Le sommet de cette période est sa collaboration avec William Wyler, et elle s’illustre dans les rôles de garces dans The Letter (1940), et dans The Little Foxes (1941), ce qui la consacre actrice populaire et reine de la Warner. Elle quitte cependant le studio en 1949. La star se remet au travail et on lui propose un rôle magnifique : celui de Margo Channing dans All about Eve (1950) de Joseph L. Mankiewicz, sans doute son meilleur rôle.
Malgré ce sommet, la carrière de Bette s’effrite au fil des ans et il lui faudra attendre les années soixante pour connaître un renouveau avec Pocketful of Miracles [Milliardaire pour un Jour] (1961), de Frank Capra, et surtout What Ever Happened to Baby Jane ? (1961) de Robert Aldrich où elle compose, aux côtés de Joan Crawford, un personnage grand-guignolesque qui lui vaut un succès retentissant dans le monde entier. Elle est encore admirable dans Lo Scopone Scientifico (1972) de Luigi Comencini et dans The Whales of August (1987) de Lindsay Anderson aux côtés de Lillian Gish.