1883-1939
Etats-Unis
Acteur

« Roi de Hollywood » dans les années 20 grâce à ses rôles bondissants et au couple mythique qu’il forme avec Mary Pickford, Douglas Fairbanks voit son étoile pâlir très rapidement avec l’arrivée du parlant.
Douglas Elton Ullman naît à Denver d’un père avocat installé dans les Montagnes Rocheuses pour y exploiter des mines. Il abandonne la famille quand Douglas avait 5 ans, et sa mère reprend le nom de son premier mari, Fairbanks. Douglas Fairbanks commence très tôt à jouer sur scène dans le théâtre amateur. Renvoyé de plusieurs établissements scolaires, il part pour New York au début du siècle. Après avoir exercé plusieurs métiers de vendeur et d’employé de bureau, il débute à Broadway en 1902 dans la troupe de Frederick Warde.
Débuts au cinéma
En 1907 il épouse Anna Beth Sully, la fille d’un riche industriel, et ils ont un fils, Douglas junior. Il travaille chez un courtier de Wall Street, mais le démon de la scène le reprend très vite. Il ne tarde pas à être attiré aussi par le cinéma, et signe un contrat avec la Triangle Pictures en 1915. Là, il commence à travailler sous la direction de D. W. Griffith. Dès son premier film, The Lamb [Le Timide] de Christy Cabanne, il fait la démonstration de ses grandes qualités athlétiques. Mais ses prouesses ne sont pas du goût de Griffith. Il attire plutôt l’attention d’Anita Loos, qui va écrire ses premières comédies romantiques, faisant de lui le prototype du jeune Américain, exubérant et plein d’énergie.
Le prototype du jeune Américain

Les films se succèdent à un rythme effréné en 1916. Dans His Picture in the Papers, réalisé par John Emerson, le mari d’Anita, il doit avoir sa photo dans les journaux pour gagner la fille de ses rêves. Dans The Good-Bad Man et The Half-Breed [Le Métis], réalisés par Allan Dwan, il est un hors-la-loi au Far West. Reggie mixes in et Flirting with Fate de Christy Cabanne le mettent en scène comme un jeune homme riche cherchant des émotions fortes. Il est encore un New Yorkais fasciné par l’Ouest sauvage dans Manhattan Madness d’Allan Dwan, et un doux rêveur frappé par l’amour dans American Aristocracy de Lloyd Ingraham.
Dans The Matrimaniac de Paul Powell, il poursuit sa fiancée Constance Talmadge, et dans The Habit of Happiness d’Allan Dwan, il démontre que le rire vient à bout de toutes les difficultés. The Americano de John Emerson l’entraîne dans une révolution en Amérique du Sud, et dans l’étonnant The Mystery of the Leaping Fish, également de John Emerson, il est un détective cocaïnomane du nom de Coke Ennyday.
Douglas devient son propre producteur

En 1917, Douglas Fairbanks signe avec Artcraft, et devient son propre producteur pour Reaching for the Moon d’Emerson, ou des westerns comme Wild and Wooly d’Emerson et The Man from Painted Post de Joseph Henabery. Dans Down to Earth de John Emerson, il veut faire profiter les patients d’un sanatorium de sa philosophie de la vie saine, et dans A Modern Musketeer d’Allan Dwan, il se prend déjà pour d’Artagnan.
En 1918, Fairbanks est l’acteur le plus populaire d’Hollywood, et continue dans la même veine avec Mr. Fix-It, Bound in Morocco, Arizona, tous trois d’Allan Dwan. L’année suivante, c’est His Majesty, the American de Joseph Henabery, The Knickerbocker Buckaroo [Douglas, brigand par amour] d’Albert Parker, et When the Clouds roll by [Cauchemars er Superstitions] de Victor Fleming, comédie jubilatoire un psychiatre le prend comme cobaye. En 1920 avec The Mollycoddle [Une Poule Mouillée], également de Fleming, il doit retrouver les vertus américaines après avoir vécu longtemps en Europe.
Mary Pickford

A cette époque, Douglas Fairbanks s’éprend de Mary Pickford qu’il avait rencontrée dans une soirée en 1916. En 1919, le nouveau couple s’associe à Charlie Chaplin, un ami proche, pour parcourir le pays afin de vendre des coupons de soutien à l’engagement dans la Première Guerre mondiale. La même année, pour éviter le contrôle des studios et pour protéger leur indépendance, Fairbanks, Charles Chaplin, D.W. Griffith et Mary Pickford fondent la société de distribution United Artists. Ils espèrent ainsi avoir une complète liberté artistique et de plus grands profits. La compagnie devra une grande partie de son bénéfice aux succès des films de Fairbanks, comme His Majesty, the American, premier film distribué par la nouvelle société..
Entre temps, Beth a obtenu le divorce et la garde de leur fils. Douglas est déterminé à épouser Mary Pickford, mais elle est encore mariée à l’acteur Owen Moore. Tous deux craignent alors la mauvaise publicité que leur apporterait leur liaison extra-conjugale. Mais elle obtient un divorce rapide et ils se marient en 1920. Ils deviennent alors rapidement une sorte de couple royal de Hollywood, donnant de somptueuses réceptions dans leur maison de Beverly Hills, baptisée Pickfair.
Les films d’aventures en costumes

Mais Douglas Fairbanks comprend que pour garder sa popularité il doit se renouveler. Il aborde le film de cape et d’épée avec The Mark of Zorro (1920) de Fred Niblo qui remporte un énorme succès. Après une dernière comédie moderne, The Nut [L’Excentrique] (1921) de Theodore Reed, il se tourne complètement vers les films d’aventures en costumes. Il s’implique alors totalement dans chaque projet, participant à l’écriture, aux décors, aux costumes. The Three Musketeers (1921) est une bonne adaptation par Fred Niblo du classique de Dumas, et Robin Hood [Robin des Bois] (1922) d’Allan Dwan se fait remarquer par le gigantisme des décors.

La plus grande réussite de Fairbanks est sans doute The Thief of Bagdad [Le Voleur de Bagdad] (1924) de Raoul Walsh, un des sommets de la période muette. Puis il enchaîne avec Don Q, Son of Zorro (1925) de Donald Crisp, suite de son succès de 1920. The Black Pirate (1926) d’Albert Parker est rehaussé par le technicolor et de spectaculaires cascades, et The Gaucho (1927) de F. Richard Jones comprend un étrange mélange d’aventures et de mysticisme. The Iron Mask [Le Masque de Fer] (1929) d’Allan Dwan, suite des Trois Mousquetaires, contient deux brèves séquences parlantes.
Le parlant
Son premier film entièrement parlant est The Taming of the Shrew [La Mégère Apprivoisée] réalisé par Sam Taylor d’après Shakespeare. Il en partage la vedette avec Mary Pickford, mais le succès n’est pas au rendez-vous. Fairbanks revient à des comédies contemporaines plus modestes comme Reaching for the Moon (1930) d’Edmund Goulding (sans relation avec le film de 1917 du même nom). Mais le déclin de la star ne fait que se confirmer, alors que de nouveaux héros émergent. Douglas Fairbanks se retire en beauté après The Private Life of Don Juan (1934) d’Alexander Korda, qui le montre en séducteur vieillissant.
Le mariage du couple phare de Hollywood bat aussi de l’aile, et Mary Pickford et lui divorcent en 1936. Fairbanks se remarie alors avec Lady Sylvia Ashley, une ancienne chorus girl. Mais il meurt d’une crise cardiaque dans son sommeil trois ans plus tard, à l’âge de 56 ans.