1904-1976
France
Acteur

Après une enfance à la campagne et divers petits métiers, Jean Moncorgé reprend le nom de scène de son père et devient Jean Gabin en montant sur la scène des Folies Bergères. Il chante et danse, devient le partenaire de Mistinguett et joue dans des opérettes comme Flossie ou Les Aventures du Roi Pausole. C’est alors que le cinéma l’appelle et il tourne dans son premier film : Chacun sa chance (1930) d’Hans Steinhoff.
Débuts au cinéma
Les débuts sont difficiles malgré deux rôles marquants en 1932 : celui d’un projectionniste enlevé par des gangsters dans Les Cœurs Joyeux de Hanns Schwartz, et celui d’un militaire face à Raimu et Fernandel dans Les Gaietés de l’Escadron de Maurice Tourneur.
Il est un ingénieur charismatique galvanisant ses troupes dans la version française du Tunnel (1933) de Curtis Bernhardt. Mais c’est en 1934 qu’il émerge véritablement avec Zouzou de Marc Allégret, face à Joséphine Baker, et Maria Chapdeleine de Julien Duvivier. C’est également Duvivier qui lui permet de devenir véritablement une star avec La Bandera (1935) où il crée son personnage de héros poursuivi par son destin, La Belle Equipe (1936) aux côtés de Charles Vanel, et Pépé le Moko (1937), dans lequel Gabin interprète avec brio le truand qui donne son titre au film.
Les grands films et la guerre
La carrière de Jean Gabin est lancée. En deux ans, il va tourner dans des films parmi les plus célèbres du cinéma français comme La Grande Illusion (1937) et La Bête Humaine (1938) de Jean Renoir, Gueule d’amour de Jean Grémillon (1937), Le Quai des Brumes (1938), et Le Jour se lève (1939) de Marcel Carné. En septembre 1939, Gabin est mobilisé, et en février 1941, il quitte la France pour les États-Unis, refusant de tourner pour les Allemands. Il y joue dans deux films et fréquente Ginger Rogers, ainsi que Marlene Dietrich avec qui il a une longue liaison. En 1943, Jean Gabin s’engage dans les Forces Françaises Libres et obtiendra de la Médaille Militaire et de la Croix de Guerre.
Le patriarche
A son retour de la guerre, Jean Gabin a une image de vieil acteur d’avant-guerre. Un projet qui lui tient à cœur, Martin Roumagnac (1946), avec Marlene Dietrich, est un échec. Commence alors une période de déclin pour la carrière de Gabin, qui tourne des films mineurs. Mais la renaissance vient avec Touchez pas au grisbi (1953) de Jacques Becker et French Cancan (1954), de Jean Renoir.
C’est le début de la deuxième carrière de Jean Gabin, en homme d’expérience, autoritaire et qui impose le respect. Ce type de personnage, qu’il finit par incarner aussi dans la vie réelle, souvent enrichi par des dialogues de Michel Audiard, va l’accompagner jusqu’à la fin de sa vie, avec des réussites comme Voici le temps des assassins (1956), La Traversée de Paris (1956) avec Bourvil, et En cas de Malheur (1958) avec Brigitte Bardot, Le Cave se rebiffe (1961), et plusieurs incarnations de l’inspecteur Maigret.