1881-1959
Etats-Unis
Réalisateur

Cecil Blount DeMille naît en 1881 dans une famille de théâtre : son père, d’ascendance hollandaise, est pasteur, mais écrit aussi des pièces qu’il fait monter grâce à David Belasco. Après ses études dans un collège militaire, Cecil se lance à son tour dans le théâtre, à la suite de son frère aîné William. Il apprend le métier comme acteur, et épouse sa partenaire Constance Adams en 1902. Il et engagé par Belasco en 1907 dans The Warrens of Virginia, pièce écrite par son frère et où joue également Mary Pickford.
Rencontre avec Lasky
Quittant Belasco en 1911, Cecil B. DeMille rencontre Jesse L. Lasky, et crée avec lui et Samuel Goldfish (futur Goldwyn) la Jesse Lasky Feature Play Co. à Hollywood. Cecil est chargé de réaliser des films, et pour son premier essai filme avec l’aide d’Oscar Apfel une adaptation de la pièce The Squaw Man [Le Mari de l’Indienne] (1914) avec Dustin Farnum.
Le succès lui permet de lancer sa carrière, avec l’aide du cameraman Alvin Wyckoff et du décorateur Wilfred Buckland. Il tourne la même année toujours avec Oscar Apfel The Call of the North, une histoire de trappeurs dans le Grand Nord avec Robert Edeson, la première version de Brewster’s Millions, et Ghost Breakers avec H.B. Warner. La même année il tourne seul Rose of the Rancho, en Californie espagnole, avec Bessie Barriscale, et un western, la première version de The Virginian où il retrouve Dustin Farnum.
Premiers succès
Se révélant à la fois un showman et un remarquable raconteur d’histoires, Cecil B. DeMille tourne dans les années suivantes une série de films audacieux et inventifs, avec en 1915 : The Girl of the Golden West, où Mabel Van Buren sauve son amant de la corde, The Warrens of Virginia (1915), adaptation de la pièce de William avec Blanche Sweet, The Captive, un épisode de la Guerre des Balkans avec Blanche Sweet et House Peters, Chimmie Fadden Out West, sur une escroquerie et une fausse ruée vers l’or, The Golden Chance avec Wallace Reid en milliardaire et Cleo Ridgely en femme ruinée par son mari.

Mais le film le plus remarquable de cette année est The Cheat [Forfaiture] mélodrame à connotation sexuelle interraciale qui révèle le Japonais Sessue Hayakawa en séducteur sadique marquant au fer rouge la pauvre Fannie Ward.
Lasky engage la star de l’opéra Geraldine Farrar, que DeMille fait jouer dans l’adaptation de Carmen (1915) avec Wallace Reid en Don José, Temptation, l’histoire d’une chanteuse d’opéra, et Maria Rosa (1916), mélodrame catalan, avant de lui donner le rôle principal de Joan the Woman (1916), évocation de la vie de Jeanne d’Arc avec un prologue moderne dans les tranchées.
DeMille remporte également un succès populaire avec le western The Trail of Lonesome Pine (1916) avec Thomas Meighan, et tourne The Heart of Nora Flynn (1916) avec le couple Marie Doro / Elliott Dexter, inaugurant ainsi une collaboration fructueuse avec ce dernier. Il tourne encore avec Farrar The Woman God forgot [Les Conquérants] (1917) sur la conquête du Mexique par Cortez (incarné par Hobart Bosworth), et The Devil Stone [Le Talisman] avec Wallace Reid.
Famous Players
Lasky et Goldfish s’associent avec Adolph Zukor pour créer Famous Players Lasky. DeMille tourne deux films avec la nouvelle recrue Mary Pickford : A Romance in the Redwoods et The Little American (1917). Mais il apprécie peu le star system et préfère tourner avec sa propre troupe de comédiens parmi lesquels le fidèle Theodore Roberts, Elliott Dexter, Raymond Hatton, Theodore Kosloff, et s’appuie pour les scénarios sur sa maîtresse Jeanie Macpherson.

Cecil B. DeMille tourne alors en 1918 We can’t have everything avec Kathlyn Williams, The Whispering Chorus [Le Rachat Suprême] avec Raymond Hatton, et Old Wives for new [La Proie pour l’Ombre] avec Florence Vidor, qui inaugure son cycle de comédies matrimoniales. Il tourne également un premier remake de The Squaw Man avec Elliott Dexter.
Gloria Swanson et les comédies matrimoniales

C’est dans ce contexte qu’il découvre une jeune actrice, Gloria Swanson, à laquelle il confie le premier rôle de Don’t Change your Husband [Après la pluie, le beau temps] (1919) avec Elliott Dexter Ce succès en entraîne d’autres, dont en 1919 For Better, For Worse [Pour le Meilleur et pour le Pire] et Male and Female [L’Admirable Crichton] avec Thomas Meighan, où une scène montrant Gloria se préparant pour son bain avec l’aide d’une servante fait sensation, de même qu’une autre scène « babylonienne », prélude aux grandes reconstitutions antiques.
DeMille continue avec plusieurs films dans la même veine, comme Why Change Your Wife ? [L’Echange] (1920), avec Thomas Meighan et Bebe Daniels, Something to think about (1920) avec Elliott Dexter, et The Affairs of Anatol [Le Cœur nous trompe] (1921) avec Wallace Reid. Outre Gloria Swanson, DeMille fait également de grandes stars de la comédienne Bebe Daniels et des jeunes premiers Wallace Reid et William Boyd. Il tourne également avec Dorothy Dalton Fool’s Paradise (1921), avec Agnes Ayres Forbidden Fruit (1921), et avec Leatrice Joy Saturday Night (1922).
La moralisation d’Hollywood

La série de scandales qui éclaboussent Hollywood au début des années 20 force l’industrie du cinéma à se défendre contre les accusations de débauche. La réponse de DeMille est le mélodrame moralisateur Manslaughter [Le Réquisitoire] avec Leatrice Joy (1922), et le drame social Adam’s Rib [La Rançon d’un Trône] (1923) avec Milton Sills. Puis le colossal The Ten Commandments (1923), présente un conte moral moderne éclairé par un long flash back biblique racontant l’exode des Hébreux, ave Theodore Roberts dans le rôle de Moïse. Quelques années plus tard, le pieux DeMille produira sa version de la vie du Christ avec The King of Kings (1927), avec H. B. Warner dans le rôle de Jésus.
Entre temps, il réalise Triumph (1924), histoire d’une dynastie d’industriels avec Leatrice Joy et Rod LaRocque, Feet of Clay [Le Tourbillon des Ames] (1924) avec Vera Reynolds, où les âmes des morts jouent un rôle décisif et The Golden Bed [Le Lit d’Or] (1925) avec Lillian Rich en femme fatale.

Au milieu des années 20 il lance sa propre maison de production, DeMille Studio, pour laquelle il supervise un certain nombre de films et dirige lui-même notamment The Road to Yesterday [L’Empreinte du Passé] (1925), avec Joseph Schildkraut et Jetta Goudal, et le premier des nombreux accidents ferroviaires de DeMille, et The Volga Boatman [Les Bateliers de la Volga] (1926) avec William Boyd et Elinor Fair. Il tourne son dernier film muet en 1929 avec The Godless Girl [La Fille sans Dieu] avec Lina Basquette.
Le parlant
Avec l’arrivée du parlant, DeMille passe chez MGM pour Dynamite (1929) et le spectaculaire Madame Satan (1930), tous deux avec Kay Johnson. Il réalise pour la troisième fois The Squaw Man (1931), cette fois avec Warner Baxter. Il retourne ensuite chez Paramount où il restera jusqu’à la fin de sa carrière.

Cecil B. DeMille renoue alors avec le mélange de sexe et de drame historique avec The Sign of the Cross (1932) avec Fredric March et Elissa Landi, et Cleopatra (1934) avec Claudette Colbert, mais aussi avec le plus sage The Cruisades (1935), avec Henry Wilcoxon en Richard Cœur de Lion. Il s’aventure hors des sentiers battus avec l’histoire d’autodéfense de This Day and Age [La Loi de Lynch] (1933) avec Charles Bickford, et l’aventure romantique de Four Frightened People (1934) avec Claudette Colbert.
A partir de ce moment DeMille se spécialise dans les grosses productions, que ce soit des westerns comme The Plainsman [Une Aventure de Buffalo Bill] (1936) avec Gary Cooper ou Union Pacific (1939) ou des films en costumes comme The Buccaneer (1938) et Reap the Wild Wind [Les Naufrageurs des Mers du Sud] (1942) avec John Wayne.
En avançant en âge il consacre de plus en plus de temps à ses derniers projets, Samson and Delilah (1949), l’épopée du cirque The Greatest Show on Earth (1952, Oscar du meilleur film), et le remake de The Ten Commandments (1956), limité à la partie biblique.
Devenu une figure de Hollywood, il aime apparaître dans son propre rôle, comme dans Sunset Boulevard (1950). Ses opinions politiques très à droite lui attirent quelques solides inimitiés mais tous reconnaissent ses qualités insurpassables de showman. Sa mort en 1959 marque la fin d’une époque dans Hollywood qu’il a contribué à créer.