1899-1977
Autriche, Etats-Unis
Acteur

Né à New York dans une famille juive émigrée d’Autriche, Jacob Krantz est boxeur amateur et travaille à Wall Street avant de devenir acteur. Quand il arrive à Hollywood en 1922, la vogue de Valentino fait rage. Le studio Paramount n’hésite donc pas à faire de l’Autrichien Jacob (heureusement grand et brun) un latin lover sous le nom de Ricardo Cortez.
Débuts à Hollywood
Commençant par de petits rôles, il joue un rôle secondaire dans Feet of Clay (1924), film perdu de Cecil B. DeMill. Il devient une star populaire dans les films romantiques comme Argentine Love (1924) d’Allan Dwan avec Bebe Daniels, The Swan (1925) de Dimitri Buchowetzki ou The Cat’s Pajamas (1926) de William A. Wellman, reposant plus sur son physique que sur leur scénario. Il montre un jeu plus étendu dans Pony Express (1925) de James Cruze, où il est un joueur devenu responsable du système de courrier. Et l’année suivante, il est le seul acteur à avoir son nom au-dessus de celui de Garbo dans The Torrent (1926) de Monta Bell, le premier film américain de la star suédoise.
En 1926 Ricardo Cortez est pour D. W. Griffith l’écrivain pauvre tenté par le Diable dans The Sorrows of Satan, et pour Frank Lloyd le pirate français Jean Lafitte dans The Eagle of the Sea [Le Corsaire Masqué]. L’année suivante il joue pour Benjamin Christensen un officier russe dans Mockery [L’Idiot] face à Lon Chaney. Il incarne ensuite Paris dans The Private Life of Helen of Troy (1927) d’Alexander Korda, et tourne en France La Danseuse Orchidée (1928) de Léonce Perret. Puis il symbolise dans le film partiellement parlant de Frank Capra The Younger Generation (1929) la nouvelle génération d’une famille juive new-yorkaise.
Le parlant
Avec le parlant, son accent new yorkais fait de Ricardo Cortez un acteur de composition. Il est le partenaire de Joan Crawford dans Montana Moon (1930) de Malcolm St Clair, incarne un souteneur cubain brutal dans Her Man (1930) de Tay Garnett, l’ex-boy friend de Barbara Stanwyck dans Illicit (1930) d’Archie Mayo. Surtout en 1931 il est le gangster psychopathe de Bad Company [Chicago] de Tay Garnett, et le détective privé Sam Spade dans la première version du Maltese Falcon tournée par Roy Del Ruth, face à Bebe Daniels.
Sa carrière se poursuit activement pendant la période Pre-Code où il est abonné aux rôles de patrons plus ou moins sympathiques comme dans Big Business Girl (1931) de William Seiter, où il cherche à séduire son employée Loretta Young, Ten Cents a Dance (1931) de Lionel Barrymore, où il est le bienfaiteur de Barbara Stanwyck, ou Behind Office Doors (1931) de Melville W. Brown avec Mary Astor en secrétaire.
Mais il est aussi en 1932 un policier dans Thirteen Women [Hypnose] de George Archainbaud, un détective amateur dans The Phantom of Crestwood de J. Walter Ruben, et le manager véreux du lutteur Wallace Beery dans Flesh [Une Femme survint] de John Ford. L’année suivante il incarne un joueur et maître chanteur dans The House on 56th Street de Robert Florey, un producteur de music-hall qui aide Claudette Colbert dans Torch Singer d’Alexander Hall, et un gangster cynique dans Midnight Mary [Rose de Minuit] de William Welllman. Il abandonne Kay Francis au début de Mandalay (1934) de Michael Curtiz, et monte un numéro de danse avec Dolores Del Rio dans la comédie musicale Wonder Bar (1934) de Lloyd Bacon et Busby Berkeley.
Suite de sa carrière
Par la suite, Ricardo Cortez joue encore un tueur dans Man Hunt (1936) ou Perry Mason dans The Case of the Black Cat (1936). Sa carrière glissant vers la série B, il s’essaye à la réalisation pour quelques films. Il renonce ensuite au cinéma pour devenir membre d’une maison de courtage prospère de Wall Street.